2e recensement général de la population : Le ministre du Plan sera auditionné au Sénat

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La sixième séance plénière du Sénat s’est tenue lundi 13 avril 2026 au Palais du Peuple, sous la présidence de Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge. Elle s’est soldée par l’adoption d’une motion incidentielle visant à obtenir l’audition du ministre du Plan sur le projet de recensement général de la population.

Au total, 79 sénateurs sur les 109 que compte la chambre haute ont pris part à cette séance, au cours de laquelle plusieurs points ont été examinés, dont la présentation du projet relatif au Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH2), qui a dominé les échanges.

Cette motion incidentielle demandant, à l’issue des échanges, l’intervention du ministre du Plan a été adoptée à la majorité des sénateurs.

En effet, le représentant résident de l’UNFPA, Alain-Apollinaire Akpadji, qui a présenté le projet, a mis en avant l’importance stratégique de cette opération pour la planification du développement, dans un contexte où la population congolaise est estimée à plus de 112 millions d’habitants.

Il a insisté sur la nécessité de recourir au numérique, de garantir la confidentialité des données et de mobiliser des financements, avec un apport initial du gouvernement, appuyé par des partenaires internationaux.

Cependant, les sénateurs ont exprimé de nombreuses préoccupations quant à la mise en œuvre effective de ce recensement.

Plusieurs élus ont notamment soulevé la question de la fiabilité des données dans un contexte marqué par l’insécurité persistante dans l’Est du pays, estimant que certaines zones pourraient échapper à l’opération ou produire des statistiques biaisées. D’autres ont insisté sur la nécessité de coordonner ce processus avec l’identification des citoyens, à travers l’Office national d’identification de la population (ONIP), afin d’éviter les doublons et de garantir une meilleure cohérence des données démographiques.

La problématique du financement a également été largement évoquée. Des sénateurs ont appelé à davantage de transparence dans la gestion des ressources annoncées et à des garanties sur la mobilisation effective des fonds nécessaires à la réalisation complète du projet.

Par ailleurs, la question de l’inclusivité du recensement a été soulevée, notamment en ce qui concerne les populations vivant dans les zones enclavées ainsi que les Congolais de l’étranger, dont la prise en compte demeure un défi logistique et organisationnel. Certains intervenants ont enfin plaidé pour que le recensement devienne un outil permanent de planification publique, plutôt qu’une opération ponctuelle, afin d’assurer une actualisation régulière des données démographiques.

En réponse, le représentant de l’UNFPA a réaffirmé que le gouvernement congolais demeure le principal maître d’ouvrage du projet, son institution apportant un appui technique. Il a précisé que des discussions sont en cours avec les ministères concernés pour renforcer la coordination, notamment avec les structures en charge de l’identification.

En République démocratique du Congo, le dernier recensement général de la population et de l’habitat remonte à 1984.

MD