Changement ou révision de la constitution : Mukwege exhorte Tshisekedi à ne pas suivre les « tambourinaires »

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Dans un communiqué publié ce lundi 23 mars, le docteur Denis Mukwege exhorte le président de la République, Félix Tshisekedi, à privilégier l’intérêt du peuple dans le contexte actuel, caractérisé par le débat autour d’un éventuel projet de changement ou de révision de la constitution en République démocratique du Congo.

Dans cette prise de position, il exhorte le chef de l’État à ne pas suivre les « tambourinaires » qui, selon lui, œuvrent pour leurs intérêts.

« Nous exhortons le président de la République à ne pas suivre les tambourinaires, selon leur propre expression, car ils sont là pour leurs intérêts personnels et non pour l’intérêt supérieur de la Nation. Demain, ils seront les premiers à vous poignarder dans le dos […] Écoutez plutôt votre conscience et la voix du peuple. Levons fièrement nos fronts, tel que nous le commande notre hymne sacré, et ne les courbons pas. Notre liberté est à ce prix », dit-il dans son message.

Dans ce message, le gynécologue congolais réagit également à la situation au sommet des institutions, marquée par les démissions de Vital Kamerhe et de Modeste Bahati Lukwebo, qu’il associe à leur opposition à un éventuel projet de révision constitutionnelle.

Selon lui, « oser s’opposer à un éventuel projet de changement de la constitution porté par les courtisans du régime en place » constitue un motif de sanction politique, alors que les deux responsables « ont exercé leur fonction qui est celle de représenter le peuple, souverain primaire, dont la volonté doit guider l’action des élus ».

Le prix Nobel de la paix dénonce, par ailleurs, le fonctionnement des institutions, évoquant « une inversion de rôles qui tue la démocratie ».  

« Dans une démocratie normale, les représentants du peuple contrôlent l’action présidentielle et celle du gouvernement. Mais au Congo, c’est le président qui sanctionne les députés qui osent exprimer leur désaccord en utilisant ses courtisans au Parlement », affirme le Dr Mukwege.

S’adressant aux élus, il interpelle leur sens de la responsabilité et de la dignité : « Mes chers compatriotes, distingués honorables représentants du peuple, les questions que se pose le citoyen lambda sont les suivantes : où est votre dignité ? Et si votre propre dignité compte si peu, êtes-vous aptes à vous battre pour la dignité du peuple qui vous a élus ? ».

En définitive, Denis Mukwege réaffirme son appel à la vigilance citoyenne et au respect strict de l’ordre constitutionnel, estimant que toute réforme engagée en dehors d’un consensus national risquerait d’accentuer les tensions et de fragiliser davantage les institutions de la République démocratique du Congo.

Raphaël Kwazi