À Genève, lors du segment de haut niveau de la 61ᵉ session du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, la ministre des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a rejeté le prétexte avancé par le Rwanda pour justifier l’occupation illégale du territoire congolais.
Dans son discours, la cheffe de la diplomatie congolaise a rappelé que la RDC « assume pleinement la protection de toutes ses communautés » et a rejeté l’argument selon lequel la défense d’une communauté pourrait légitimer une occupation illégale ou des violations graves du droit international.
« La protection alléguée d’une communauté ne peut servir de fondement à une violation grave du droit international ni à une occupation illégale », a-t-elle martelé devant l’assemblée.
La ministre a mis en lumière les conséquences dramatiques des violences dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, où les exactions de l’AFC/M23, appuyées par les Forces de défense rwandaises (RDF), ont provoqué plus de 15 000 morts, des centaines d’enlèvements et près de huit millions de déplacés. Elle a également dénoncé l’utilisation des violences sexuelles comme arme de guerre, rappelant qu’« une femme est violée toutes les quatre minutes » dans ces zones.
Thérèse Kayikwamba Wagner a martelé sur la nécessité de renforcer le multilatéralisme et de préserver l’autorité des mécanismes internationaux de protection des droits humains.
Elle a exhorté les États à recourir aux instruments multilatéraux pour exprimer leurs préoccupations, plutôt que de substituer la violence au droit. En conclusion, la ministre a réaffirmé l’engagement de la RDC en faveur d’un ordre international fondé sur le respect du droit, l’égalité des États et la responsabilité, soulignant que « sans responsabilité, il ne peut y avoir ni justice ni paix durables ».
Raphaël Kwazi