Kinshasa - déploiement de 3 000 agents : Colette Tshomba recommande la mise à disposition de plus de bus de l’État pour faciliter la mobilité de la population

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Sous l’impulsion du gouverneur Daniel Bumba, la mégapole congolaise a entamé une « grande » opération de contrôle de conformité aux exigences du Code de la route, portant notamment sur les documents de bord requis pour tous les conducteurs.

Au total, 3 000 agents ont été déployés le lundi 26 janvier 2026 sur 60 carrefours stratégiques de la ville. L’objectif affiché est de restaurer l’ordre dans le secteur des transports, en faisant appliquer strictement les dispositions légales en vigueur.

Au deuxième jour de cette opération, le constat est alarmant : seulement 5 % des chauffeurs opérant à Kinshasa seraient en règle vis-à-vis du fisc provincial et disposeraient de l’ensemble des documents automobiles exigés. Un chiffre révélateur du fossé entre la réglementation et la réalité du terrain, qui accentue la rareté des bus en circulation et complique davantage la mobilité urbaine.

Face à ce diagnostic, Colette Tshomba, députée nationale honoraire, a salué cette initiative de régulation. Selon elle, cette opération est avant tout bénéfique pour les conducteurs et les taximen eux-mêmes, car évoluer dans la légalité constitue une protection pour leur activité.

Toutefois, consciente de l’impact social de cette rigueur administrative, elle appelle l’exécutif à apporter une réponse à la hauteur des défis actuels, notamment face à l’absence des bus privés. À ce titre, Colette Tshomba exhorte le gouvernement congolais à « multiplier les idées » pour soulager les citoyens, en particulier par la mise en circulation d’un plus grand nombre de bus appartenant à l’État.

« Il faut déployer des véhicules publics pour alléger la mobilité de la population, afin que cette nouvelle politique puisse s’installer durablement », a-t-elle souligné.

Sur le terrain, la tension reste palpable. Le gouverneur Bumba s’est montré intraitable : les contrôles routiers sont désormais systématiques, et tout contrevenant s’expose à des sanctions immédiates. Si ce plan de régulation vise à corriger les dysfonctionnements majeurs du trafic urbain, il se heurte à une réaction radicale des transporteurs privés.

Entre les agents déployés aux carrefours et les bus restés massivement au garage pour éviter les saisies, les Kinois se retrouvent en première ligne. Pour l’heure, rejoindre son lieu de travail est devenu un véritable défi, signe que la transition vers un système de contrôle rigoureux pourrait être parsemée d’embûches.

C.D