Haut-Katanga : 3 magistrats de la Cour d’appel de Kalemie poursuivis pour « corruption présumée »

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La Cour d’appel du Haut-Katanga, siégeant en matière répressive au premier degré en procédure de flagrance, a ouvert l’examen d’un dossier mettant en cause trois magistrats de la Cour d’appel de Kalemie, dans la province du Tanganyika, dont Zatoko, président de chambre, ainsi que des assesseurs Asanga et Mbele, poursuivis pour corruption présumée.

Lors de l'audience tenue le vendredi 23 janvier 2026 à la Cour d'appel à Lubumbashi, ces magistrats sont accusés d’avoir rendu une décision jugée contraire aux prescrits de la loi dans une affaire de tentative de viol, suscitant de vives interrogations sur l’intégrité du processus judiciaire.

Les faits remontent au mois de décembre 2025, à Kalemie. Un commerçant, Kafwimbi Kiwele, était poursuivi pour tentative de viol sur sa belle-fille, l’épouse de son fils. Après un acquittement en première instance, la Cour d’appel de Kalemie, statuant au second degré, avait condamné l’accusé à six mois de servitude pénale, assortis d’une assignation à sa résidence. Une décision que la Cour d’appel du Haut-Katanga considère comme insuffisamment coercitive, au regard de la gravité des faits reprochés.

Lors de l’audience et après confrontation des prévenus, le procureur général près la Cour d’appel du Haut-Katanga, Matthieu Mambu, a mis en doute la légalité de la décision rendue par les magistrats poursuivis, évoquant une possible influence exercée sur les juges.

« La composition ici devant vous a reconnu que les faits de tentative de viol étaient établis. Mais pourquoi n’ont-ils pas appliqué la peine prévue par le législateur ? En ne le faisant pas, ils justifiaient autre chose. Ils justifiaient tout ce qu’ils ont reçu de Kafwimbi », a déclaré le procureur général au micro tendu par 7SUR7.CD.

Dans sa réquisition, le ministère public a requis trois ans de servitude pénale principale contre les magistrats Zatoko, Asanga et Mbele et à deux ans pour Kafwimbi Kiwele, présenté comme l’auteur présumé de l’influence exercée sur les juges.

« De tout ce qui précède, il plaira à votre cour de prononcer, à l’égard des prévenus Zatoko, Asanga et Mbele, la peine de trois ans de servitude pénale principale telle que prévue et punie par l’article 148, alinéa deux, du livre 2 du Code pénal. Kafwimbi, quant à lui, celui-là qui a poussé les magistrats à ne pas poser les actes qui entraient dans le cadre de leurs attributions, alors que, vu leur ancienneté dans le corps, personne ne peut comprendre cet écart entre la décision qu’ils ont prise et les règles de droit qu’ils avaient le droit d’appliquer. Kafwimbi, lui aussi, sera puni de deux ans de servitude pénale », a-t-il demandé.

Présidée par Moïse Amadi, l’audience s’est déroulée en présence de Jacques Kabasele, président de la Cour de cassation, et de Médard Baluki, premier avocat général dans le cadre de la lutte contre la corruption dans le secteur de la justice. Le président de l’audience a renvoyé la cause à lundi prochain pour les plaidoiries des parties et le prononcé de l’arrêt.

Patient Lukusa, à Lubumbashi