Kinshasa – Déploiement de 3000 agents de l’hôtel de ville : « La priorité doit être la régulation des embouteillages, pas le harcèlement des chauffeurs » (ACCO)

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L’Association des Chauffeurs du Congo (ACCO), ville de Kinshasa, appelle l’autorité urbaine à revoir sa décision concernant le déploiement de 3 000 agents dans les carrefours de la capitale. Ces agents, chargés de réguler les embouteillages et de contrôler les documents des véhicules (permis de conduire, vignette, assurance, etc.), suscitent de vives inquiétudes parmi les chauffeurs.  

Dans une interview exclusive accordée à 7SUR7.CD, ce lundi 26 janvier 2026, Bienvenue Kakule Kimbula, président de l’ACCO ville de Kinshasa, a exhorté l’autorité à réorienter cette mesure. Selon lui, ces agents devraient être envoyés aux arrêts de bus pour faciliter la circulation et non pour « matraquer les chauffeurs ».  

« Depuis la semaine dernière, le gouverneur de la ville de Kinshasa a décidé de déployer 3 000 agents dans les 60 carrefours de la capitale. Leur mission principale est de réguler les embouteillages. Ils ont également été chargés de procéder au contrôle obligatoire des documents des véhicules. Nous, l’ACCO, ne sommes pas satisfaits de la situation actuelle. Nous demandons à l’autorité de revoir sa décision et de réorienter la mission des 3 000 agents déployés : qu'ils ne viennent pas matraquer les chauffeurs, mais qu'ils se concentrent d’abord sur la régulation des embouteillages, en collaboration avec la police routière, sans harceler les chauffeurs», a-t-il déclaré.  

Il a ajouté :

 « Il faut examiner tous ces paramètres : les chauffeurs seront-ils en mesure de payer toutes ces taxes de manière urgente ? Plusieurs facteurs influent directement sur le bien-être des Kinois. En tant qu’ACCO, nous souhaitons accompagner les actions de l’autorité, mais uniquement si elles sont réellement orientées vers l’intérêt de la population. Notre souhait est que la circulation reprenne normalement dès demain. Nous appelons tous les chauffeurs à reprendre le travail tôt le matin. En cas de tracasseries ou de contraintes, qu’ils nous contactent afin que nous puissions chercher des solutions efficaces avec l’autorité urbaine. Nous voulons que cette mesure soit appliquée dans l’intérêt de la population kinoise et non à son détriment ».  

L’association estime que cette décision est appliquée de manière « trop brutale », alors que les chauffeurs s’acquittent déjà de leurs obligations fiscales en début d’année. Elle plaide pour une période de sensibilisation et de courtoisie, afin que chacun s’adapte progressivement, en tenant compte du revenu journalier des Kinois et du panier de la ménagère.  

« Il faudrait accorder une période de sensibilisation et de courtoisie, afin que chacun s’adapte progressivement, en tenant compte du panier de la ménagère et du revenu journalier des Kinois. Déployer 3 000 agents sur la chaussée, c’est excessif. La priorité doit être la régulation des embouteillages, pas le harcèlement des chauffeurs », a-t-il insisté.  

Ce lundi, la circulation était fortement perturbée, compliquant les déplacements du nord au sud et de l’est à l’ouest de Kinshasa. L’ACCO appelle à un dialogue « constructif » avec l’autorité urbaine pour trouver des solutions adaptées.  

Enfin, l’association invite les chauffeurs à reprendre le travail dès demain matin et à signaler toute tracasserie afin de permettre une médiation « efficace » avec les autorités.  

Raphaël Kwazi