Face au regain de la criminalité dans les agglomérations densément habitées au Nord-Kivu, les autorités provinciales ont arrêté une série de mesures pour rétablir la sécurité.
Le jeudi 8 janvier, à la suite d'un double assassinat, la veille, dont celui d'un policier, le gouverneur militaire s'est dépêché à Butembo où il a convoqué un conseil provincial de sécurité avant d'initier des échanges citoyens avec les forces vives et les animateurs des mouvements Wazalendo engagés sur le front nord.
Alors que, soupçonnés par certains habitants, ils sont, à tort ou à raison, pointés d'un doigt accusateur d'être parmi les principaux instigateurs de l'instabilité du fait de la détention incontrôlée des armes de guerre, le gouverneur Evariste Somo les a sommés de ne plus fréquenter les milieux urbains.
En effet, quelques jours plus tôt, 2 factions Wazalendo se sont affrontées en plein Butembo, semant la peur et l'incertitude dans l'opinion. De nombreux cas similaires sont régulièrement enregistrés, causant parfois des morts d'hommes.
Les représentants des Wazalendo ont été réceptifs à la décision du gouverneur du Nord-Kivu, promettant de s'aligner et de participer à la restauration de la sécurité à Butembo et Lubero.
"Nous sommes engagés depuis longtemps. Nous sommes du côté du gouvernement. Et, comme le message est là, on obéit. Nous sommes prêts à travailler avec le gouvernement congolais", a rassuré John Mangaiko, porte-parole des Wazalendo front nord.
Les Wazalendo, formés notamment d'ex-milices locales antigouvernementales, ont choisi de combattre au côté de l'armée congolaise pour contrer l'agression rwandaise depuis la résurgence du M23.
Armés et soutenus par l'État congolais qui en a fait des partenaires nécessaires, les Wazalendo ont joué un rôle majeur pour empêcher les rebelles de progresser vers certaines agglomérations. Cependant, en même temps, certaines factions d'entre eux sont accusées d'être responsables d'exactions, dont des vols, viols, extorsions, pillages et assassinats.
À Butembo et Lubero (Nord-Kivu), des habitants se plaignent de leur présence dans certains milieux : "Les armes sont en libre circulation du fait du phénomène Wazalendo à Butembo et Lubero", s'est désolé, jeudi dernier, un internaute, inquiet du regain des violences à Butembo et ses environs au lendemain de l'assassinat du policier Ngike et du jeune Tebeka Destin dans les communes de Bulengera et Kimemi dans la soirée du mercredi 7 janvier.
"Ceux qui commettent des exactions ne sont pas de Wazalendo de la synergie. Ce sont des bandits", se justifie, à 7SUR7.CD, Guy Ngabo, porte-parole adjoint des Wazalendo front nord.
Isaac Kisatiro, à Butembo