Personne n’a le pouvoir de s’opposer aux évidences. Même lorsqu’on est la nation la plus puissante du monde et que l’on s’appelle les USA.
A l’avant-garde de la bataille pour le strict respect des délais constitutionnels en ce qui concerne le processus électoral en Rdc, l’administration américaine vient de jeter l’éponge.
A l’issue de la rencontre avec le vice-président de la Ceni, l’Envoyé spécial d’Obama dans les Grands Lacs a déclaré : “je suis ici pour réitérer notre engagement au processus électoral. Cet engagement ne se focalise pas sur le jour des élections, mais surtout sur tout le processus, surtout les mois qui précèdent ».
En filigrane, il ressort que la Maison Blanche a décidé de se concentrer sur l’essentiel et d’éviter l’accessoire. Ainsi de la déclaration de Thomas Perilella, il ressort que le plus important à ce jour est de garantir avant tout un processus électoral crédible. Ce n’est pas de s’attarder sur les dates et les délais.
On note une grande évolution dans la position américaine, depuis le passage de John Kerry et les boutades en série de Russell Feignold, ex envoyé spécial des USA dans les Grands Lacs africains. C’est à se demander ce qui a pu motiver ce changement d’attitude à Washington.
Recadrage
De l’avis de plusieurs analystes, deux faits fondamentaux ont influencé le changement de la position américaine. Il s’agit en premier de toutes les difficultés qui jalonnent le processus électoral congolais. Difficultés qui font que la Ceni devient techniquement incapable de tenir le pari.
A cette situation déjà plus compliquée, est venue s’ajouter la démission de Malu-Malu. Démission qui exige un recadrage du processus électoral, si pas sa redéfinition carrément.
Face au tableau, il devient insensé de se focaliser sur les délais et les dates.
Le plus important étant de travailler à donner le maximum des garanties au processus électoral. C’est sous cet angle que la Maison Blanche semble désormais envisager les choses.
Bon sens
Mais il y a une autre donne qui paraît de, la plus haute importance. La situation de la Rdc n’est envisageable que dans le cadre d’une prise en compte géostratégique du problème. C’est-à-dire que la crise congolaise ne saurait s’analyser que dans le contexte global, des Grands Lacs.
C’est pour cette raison d’ailleurs que la Maison Blanche, contrairement à l’Onu, préfère nommer un Envoyé spécial pour les Grands Lacs.
Or, il se fait malheureusement pour Washington, que dans ces Grandes Lacs où il voulait administrer de grandes leçons de démocratie, ses meilleurs élèves ont les premiers craché sur ces leçons. Kagame est en route pour un troisième mandat pendant que Museveni nargue tout le monde, sans que la grande Amérique n’ose tousser.
Dans ce cas, il devient suspect et malhonnête de s’acharner sur la seule RDC. Question de logique et de bon sens. Washington s’est donc résolu à revoir sa stratégie au Congo-Kinshasa.
Par LP