Enrôlement des électeurs en RDC : éviter les erreurs du passé

Jeudi 24 septembre 2015 - 06:37

Lors de l’enrôlement des électeurs de 2011, la CENI a détecté plus de 2.000.000 de doublons. Il sied de signaler que ce nombre de doublons a connu une croissance exponentielle lorsqu’on le compare à celui enregistré lors de l’enrôlement de 2006 qui était de quelques dizaines des milliers.

L’impunité dont ont jouit les électeurs qui se sont fait enrôlés plus d’une fois en 2006 est à la base de l’explosion du nombre des doublons en 2011. Et puisque ceux de 2011 ne sont pas à leur tour inquiétés par la justice, il est fort à parier qu’en 2016 on enregistrera un nombre encore plus croissant des doublons.

Plusieurs raisons à notre avis poussent les Congolais à se faire enrôler plus d’une fois, mais celle qui a retenu plus notre attention est le cas des malfaiteurs, bandits et escrocs qui ont besoin de plusieurs cartes d’électeurs sous des identités différentes afin de maximiser leur chance de ne pas tomber dans les mailles de la police, entretenant ainsi l’insécurité, car la carte d’électeur fait jusque-là office de carte d’identité dans notre pays.

Propositions

Il est vrai que ceux qui se livrent à ce genre de pratique à chaque opération d’enrôlement voient leurs noms être retirés du fichier électoral et ne prennent pas part aux élections.

Mais cela leur importe peu parce qu’ils sont plus intéressés par la détention de différentes cartes et non pas par la participation aux votes. Interpellé par cet état de fait, nous avons eu l’idée de proposer à la CENI, à la classe politique et à tous les Congolais que l’enrôlement de 2016 se fasse autrement.

En effet, nous proposons que les opérateurs de saisie ne se limitent qu’à enregistrer les électeurs sans imprimer ni délivrer les cartes. Ensuite, la CENI pourra, comme c’était le cas en 2006 et en 2011 centraliser toutes les données à Kinshasa en vue du nettoyage du fichier électoral.

Ce qui permettra de détecter les doublons. Le fichier devra enfin subir un audit mené par des organisations nationales et internationales.

Ce n’est qu’après avoir constaté que le fichier est nettoyé, sain et crédible que la CENI pourra enfin procéder à l’impression des cartes. Cette impression pourra se faire au niveau de chaque chef-lieu des provinces où l’on constituera les lots de cartes pour chaque centre d’enrôlement. Ces lots seront ensuite déployés vers les centres d’enrôlement en vue de la délivrance des cartes aux électeurs.

Cette idée présente l’avantage de voir chaque électeur posséder une et une seule carte. Tandis que ceux qui se feront enrôler plus d’une fois n’auront pas droit à la carte. Cela constitue en soi une sanction. Les malfaiteurs, les bandits et les escrocs auront ainsi du mal à exercer leur sale besogne.

Une idée qui, à notre humble avis, paraît coûteuse, mais en réalité elle permet de faire nettement des économies en achetant par exemple quelques centaines d’imprimantes à repartir dans les 26 provinces en lieu et place de quelques dizaines des milliers d’imprimantes à déployer dans chaque centre d’enrôlement.

(*)Analyste politique et économique indépendant