Exclu ou « auto-exclu » de la Majorité Présidentielle depuis le mercredi 16 septembre 2014, après la lettre sulfureuse adressée par le G7, dont il fait partie, au Chef de l’Etat, dont la trame s’articulait autour du refus de le voir postuler pour un troisième mandat, le MSR (Mouvement pour le Renouveau de la République), vient de basculer dans l’Opposition. L’acte officiel d’adhésion a été concrétisé le mardi 06 octobre, à travers la lettre d’Yves Mobando, 1er Vice-président de ce parti, annonçant au Bureau de l’Assemblée Nationale que celui-ci siégerait désormais à l’hémicycle de Lingwala comme « Groupe parlementaire » de cette famille politique.
La conséquence immédiate de cette option est que la Majorité Présidentielle perd automatiquement les 32 députés restés fidèles à Pierre Lumbi, leur « Autorité morale », élus en 2011 sur la liste de cette formation politique. On croit savoir que le MSR vient d’annoncer les couleurs de la suite du feuilleton G7. Car il est plus que certain que dans les jours, sinon les heures qui suivent, ses alliés, à savoir l’Unafec de Gabriel Kyungu wa Kumwanza, l’Unadef de Charles Mwando Nsimba, l’ARC d’Olivier Kamitatu, le PDC de José Endundo, l’ADP/MSDD de Christophe Lutundula et l’ACO de Danny Banza, ne vont pas manquer d’abattre leurs cartes.
Leur prochaine destination est pratiquement connue : l’Opposition parlementaire. Selon les chiffres en circulation au Palais du Peuple, la Majorité Présidentielle va être délestée, très bientôt, d’au moins une quatre-vingtaine de députés. Associé à l’ancien contingent de l’Opposition Parlementaire, dont le quota affichait plus de 80 élus, le G7 risque de faire très mal à la famille politique du Chef de l’Etat, sur le terrain des débats et, – pourquoi pas ? – du vote.
On rappelle à ce sujet qu’en marge de son érection en plate-forme politique, une semaine après son « auto-exclusion » des rangs de la Majorité Présidentielle, Pierre Lumbi, Mwando Nsimba, Gabriel Kyungu, Olivier Kamitatu, José Endundo, Christophe Lutundula et Danny Banza avaient fait savoir, dans leur déclaration politique, qu’ils allaient poursuivre, au Palais du Peuple, le combat du respect strict de la Constitution.
Ce message se voulait, en d’autres termes, celui du refus de toute tentative de « glissement » du mandat présidentiel ainsi que de ceux des députés, sénateurs et députés provinciaux, dont les institutions ont besoin de garder ou de retrouver la cadence normale du cycle électoral.
Elargissement du front du refus
Même si, dans les états-majors politiques de plusieurs partis de l’Opposition, la prudence est de mise face à l’arrivée des « migrants » venus de la Majorité Présidentielle, les observateurs notent que le camp du refus de toute révision constitutionnelle et de toute prolongation des mandats des animateurs actuels des institutions de la République, s’est élargi. Déjà très active lors des débats sur des questions sensibles, mais terriblement fragilisée par sa minorité numérique, l’Opposition parlementaire est en passe d’engranger, sur un plateau d’or, des alliés naturels qui pourraient peser très lourd aussi bien dans les débats que lors des votes. On peut penser que la majorité mécanique de la famille politique du Chef de l’Etat, qui faisait passer, comme des lettres à la poste, les projets et propositions de loi, les interpellations, les motions de défiance et de censure, les questions orales et écrites, fera désormais moins de dégâts au Palais du Peuple.
Kimp