Des commissaires spéciaux pour gérer les nouvelles provinces

Samedi 19 septembre 2015 - 10:31

(KINSHASA)- Des commissaires spéciaux et leurs adjoints seront bientôt désignés pour administrer les nouvelles provinces à titre transitoire et exceptionnel. Ainsi, en a décidé le gouvernement lors de sa réunion de vendredi. L’exécutif dit s’être conforme à l’arrêt de la cour constitutionnelle qui lui a donné injonction de prendre des mesures transitoires exceptionnelles pour assurer la gestion de nouvelles provinces. Un projet d’ordonnance de nomination de nouveaux commissaires spéciaux a été examiné et approuvé par le conseil des ministres. ‘‘ C’est dans le but de matérialiser l’exécution de cet arrêt dans le strict respect de la constitution et des lois de la
république, que le projet discuté propose la désignation des commissaires spéciaux du gouvernement et commissaires spéciaux adjoints du gouvernement pour administrer les provinces à titre transitoire et exceptionnel’’, a indiqué Lambert Mende, le porte-parole du gouvernement. L’injonction de la cour constitutionnelle, selon le gouvernement, cadre parfaitement avec ‘‘l’esprit de la loi portant principes fondamentaux relatifs à la libre administration des provinces qui voudrait qu’en cas de nécessité en matière de représentation de l’état en provinces, le pouvoir
central peut se substituer aux gouverneurs des provinces’’. Cette décision de la cour avait été contestée par l’opposition et semble d’ailleurs être l’une des raisons à la base du départ du groupe de 7 de la majorité présidentielle. Pour l’opposition radicale, cet arrêt signe la mort de la démocratie et ouvre la voie au glissement. ‘‘Quand on conditionne l’organisation des élections générales à celles d’abord de gouverneurs et vice-gouverneurs de nouvelles provinces, il est clair que cette cour joue le jeu de M. Kabila.

Elle lui donne les prérogatives de rester au pouvoir au-delà du délai constitutionnel’’, a dénoncé Martin Fayulu. Dans la lettre polémique du G7 adressée au chef de l’état, il a été aussi fait constater le déviationnisme de la cour constitutionnelle avec son arrêt qui a ajouté la confusion dans la gestion de nouvelles provinces. "Aujourd’hui, force est de constater que l’installation précipitée de nouvelles provinces a conduit à l’affaiblissement de l’état et à l’anarchie dans l’administration du territoire national. Au demeurant, cette situation chaotique a même amené la cour constitutionnelle, récemment installée, non seulement à en faire le constat mais également et surtout à proposer des mesures exceptionnelles qui énervent la constitution’’, peut-on lire dans la lettre du G7. Entre-temps, le bureau de la Ceni assure qu’il va organiser l’élection de gouverneurs et vice-gouverneurs après l’installation de des bureaux définitifs des assemblées provinciales de nouvelles provinces qui auront déjà voté et faire approuver leurs règlements intérieurs par la cour constitutionnelle. En rappel, la cour constitutionnelle saisie par une requête de la Ceni en interprétation de la loi sur la programmation-installation de nouvelles provinces et la loi électorale, avait ordonné au gouvernement de prendre, sans tarder, des dispositions transitoires et exceptionnelles en vue de faire régner l’ordre public, la sécurité et assurer la régularité ainsi que la continuité des services publics dans les nouvelles provinces. Les 120 jours prévus par la loi pour l’installation de nouvelles provinces étaient dépassés
et la centrale électorale s’est trouvée en situation de blocage.