La baisse des cours des matières premières impacte négativement le budget 2016 qui, au regard des prévisions, sera en net recul par rapport à celui de 2015. Trop dépendante d’une industrie primaire, la RD Congo paie aujourd’hui son insuffisance des reformes devant assurer la diversification de son économie. A une année de la fin du quinquennat 2011-2016, l’économie congolaise étale donc toutes ses distorsions.
Quand sur le marché international les cours des matières premières piquent du nez, les budgets des Etats dépendant de l’industrie extractive, généralement localisée en Afrique, en ressentent forcément le coup avec tout son corollaire, la baisse des recettes publiques. C’est le cas actuel de la République démocratique du Congo.
Depuis début 2014, les cours du pétrole et du cuivre sont passés respectivement de 110 USD/baril à 47 USD/baril et de 7000 USD/ tonne à 5000 USD/tonne. Or, la RDC dépend largement de ces deux produits pour maximiser ses recettes publiques.
Il s’en suit que le gouvernement a été contraint de présenter un projet de budget 2016 à hauteur de 8 milliards USD, en recul par rapport à sa loi financière 2015 qui est de 9 milliards USD.
Cette baisse des moyens financiers de l’Exécutif congolais va se ressentir notamment dans la redistribution des revenus aux différentes couches de la population, même si le gouvernement entend administrer une cure d’amaigrissent aux institutions de la République, de sorte à dégager quelques marges de manouvre dans son action.
Cette solution a le mérite de produire très vite des résultats. Cependant, quand on sait que 2016 est l’année de la mise en œuvre des nouvelles provinces et de l’organisation des élections, il n’y a pas à espérer que les institutions de la République coûteront moins cher à l’Etat que les années antérieures.
Tout aussi, il faudra veiller à ce que la réduction des moyens de institutions n’impacte négativement la collecte des recettes. Tout le géni du gouvernement sera de démontrer comment, en ayant moins de frais de fonctionnement et peut-être un personnel moins rémunéré, l’Exécutif, le Parlement, les Cours et Tribunaux ainsi que toutes les autres institutions - dont le Conseil économique et social - vont aider l’Etat congolais à gagner plus d’argent. Attendons voir.
La RDC n’a pas beaucoup œuvré dans la diversification de son économie
Pour autant, la situation actuelle de l’économie congolaise, caractérisée par une forte dépendance de l’exportation des matières premières à l’état brut, prouve à suffisance que le pays n’a pas beaucoup œuvré dans la diversification de son économie de manière à la mettre à l’abri des chocs extérieurs comme la baisse prolongée des cours de ses principaux minerais.
En quête de l’émergence, la RDC est appelée à migrer son économie de l’exploitation des produits primaires vers l’accélération de l’industrialisation et de la transformation structurelle. Avec une économie de type agricole et d’extraction des minerais destinés à l’exportation, la RDC reste vulnérable aux chocs extérieurs et même tributaire de l’aide internationale.
Il s’avère donc indispensable que le pays s’active, conformément au programme du gouvernement, à déployer sur l’ensemble du territoire national des pôles économiques et industriels de croissance notamment des industries de transformation et manufacturières. Ce, aussi bien dans le secteur agroindustriel que celui de la valorisation des ressources naturelles non sans oublier la relance effective de toutes les entreprises structurantes (Sncc, Gécamines, Miba,…), aujourd’hui en état de sous exploitation.
Par ailleurs, la lutte contre la corruption et l’impunité demeure une action majeure susceptible de permettre à la RDC de renflouer les trésors publics. Les analyses existantes font état de l’évasion de près de 15 milliards Usd chaque année en RDC. Comme quoi, une action sur ce terrain permettrait au gouvernement d’accroitre substantiellement ses recettes.
Aussi, pour les observateurs rigoureux, la situation politique de la RDC ne pousse-t-elle pas à un optimisme aveugle. L’incertitude politique sur l’issue de ce quinquennat en 2016 impacte négativement sur le climat des affaires. La réalité est que les investisseurs observent et attendent que les politiques rassurent quant aux élections et leur objectif, la mise en place des dirigeants légitimes à la tête des institutions conformément à la constitution.