Le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara, a défendu la légitimité des institutions issues des élections face aux critiques formulées par l’ancien président Joseph Kabila dans son récent discours à la nation.
S’exprimant devant les députés nationaux, ce lundi 12 octobre 2026, le président de la Chambre basse a estimé que les élus du peuple tirent leur légitimité du suffrage populaire et que leur mandat ne peut être remis en cause sans égard aux principes de la démocratie représentative.
« Les élus du peuple n’ont aucune leçon de légitimité à recevoir », a-t-il affirmé, défendant ainsi la place du Parlement dans le fonctionnement des institutions de la République démocratique du Congo.
Aimé Boji Sangara a également rappelé les obligations attachées au statut d’ancien président de la République élu, notamment en matière de réserve, de dignité, de patriotisme et de fidélité à l’État. Il s’est appuyé sur la loi du 26 juillet 2018 relative au statut des anciens présidents de la République élus.
Le président de l’Assemblée nationale a notamment reproché à Joseph Kabila de ne pas avoir explicitement condamné, dans son message, l’agression rwandaise et les exactions attribuées aux rebelles du M23. Il lui a également reproché ses critiques envers les institutions nationales et les combattants Wazalendo qui, aux côtés des FARDC, participent à la défense du territoire.
Pour Aimé Boji Sangara, les prises de parole des anciens dirigeants doivent tenir compte du contexte sécuritaire et de leurs conséquences potentielles sur la cohésion nationale, la stabilité des institutions et la continuité de l’État.
Cette réaction intervient dans un climat de fortes tensions politiques, alors que le discours de Joseph Kabila relance le débat sur la gouvernance du pays, la légitimité des institutions et la réponse à apporter à la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC.
Roberto Tshahe