ONU : Judith Suminwa exige l’application de la résolution 2773 pour mettre fin à la guerre dans l’Est de la RDC

Image
Image

La Première ministre, Judith Suminwa, a exigé, mercredi 23 septembre 2026, l’application de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies afin de mettre fin à la guerre dans l’Est de la RDC.

Représentant le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo à la tribune de la 81e session de l’Assemblée générale de l’ONU, à New York, la cheffe du gouvernement a appelé à traduire en actes les engagements internationaux déjà pris en faveur de la paix en RDC.

« La résolution 2773 (2025) du Conseil de sécurité a pourtant tracé une voie sans ambiguïté. Elle exige la cessation effective des hostilités, le retrait des forces rwandaises du territoire congolais, la fin de tout soutien aux groupes armés, le désengagement de l’AFC/M23, le démantèlement des administrations parallèles, le rétablissement de l’autorité de l’État, l’accès humanitaire sans entrave ainsi que le retour sûr et digne des personnes déplacées et réfugiées. Nous n’attendons pas de nouveaux textes pour remplacer ceux qui ont déjà été adoptés. Nous attendons leur exécution », a martelé Judith Suminwa.

La Première ministre a ainsi placé l’application effective des décisions internationales au cœur de son plaidoyer, estimant que la persistance de la crise dans l’Est illustre l’écart entre les engagements pris au niveau international et la réalité vécue par les populations.

Judith Suminwa a dénoncé les conséquences de la guerre dans l’Est de la RDC, notamment les déplacements forcés, les violences sexuelles contre les femmes et les filles, le recrutement d’enfants et l’occupation de territoires.

« Le pillage de nos ressources continue d’alimenter les circuits du commerce international. Mon pays demeure confronté à une guerre d’agression menée par le Rwanda sous couvert de l’AFC/M23, en violation de sa souveraineté et de son intégrité territoriale, comme l’ont documenté les Nations Unies. Les atrocités perpétrées par d’autres groupes armés, notamment les ADF et la CODECO, aggravent davantage cette crise humanitaire », a déclaré la cheffe du gouvernement.

Judith Suminwa a rappelé les différents cadres engagés pour parvenir à une solution à la crise sécuritaire, notamment l’Accord de paix signé à Washington le 27 juin 2025, le processus de Doha et la feuille de route harmonisée de l’Union africaine.

Elle a également évoqué la question des FDLR, rappelant les mesures engagées par Kinshasa en matière de désarmement et de démobilisation.

Pour une réforme du système multilatéral

Au-delà de la situation sécuritaire, la Première ministre a appelé à restaurer la confiance dans le multilatéralisme à travers une application constante du droit international.

Elle a plaidé pour une réforme des institutions mondiales fondée notamment sur l’égalité souveraine des États, le règlement pacifique des différends, l’interdiction du recours à la force et le respect de l’intégrité territoriale.

Judith Suminwa a également réaffirmé l’adhésion de la RDC au Consensus d’Ezulwini et à la Déclaration de Syrte, qui prévoient notamment deux sièges permanents pour l’Afrique au Conseil de sécurité, avec les prérogatives qui s’y attachent, ainsi que deux sièges non permanents supplémentaires.

La RDC veut transformer localement ses ressources

La place de la RDC dans la transition énergétique mondiale a également occupé une partie de son intervention.

La cheffe du gouvernement a appelé à une transformation locale accrue des ressources minières et à une répartition plus équitable de la valeur créée.

« Nous ne voulons plus être seulement le sous-sol de l’économie mondiale ; nous entendons en devenir un atelier, un laboratoire et un partenaire souverain », a-t-elle affirmé.

Judith Suminwa a annoncé la proposition congolaise d’un cadre mondial pour des chaînes de valeur des minerais critiques « justes, traçables et résilientes », sous l’égide des Nations unies et en partenariat avec l’Union africaine.

La santé, la lutte contre l’épidémie d’Ebola, la protection du bassin du Congo et le financement du développement ont également figuré parmi les autres priorités évoquées par la Première ministre.

Elle a indiqué que les besoins de la RDC pour accélérer la réalisation des Objectifs de développement durable dépassent 70 milliards de dollars à l’horizon 2030.

Pour rappel, la résolution 2773 a été adoptée à l’unanimité par le Conseil de sécurité le 21 février 2025. Elle condamne l’offensive du M23 et ses avancées dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu avec le soutien de la Force de défense rwandaise. Elle exige notamment le retrait du M23 de Goma, de Bukavu et des autres zones contrôlées, ainsi que le démantèlement des administrations parallèles. Le texte demande également au Rwanda de cesser son soutien au M23 et de retirer ses forces du territoire congolais.

Merveil Molo