Le gouvernement de la République démocratique du Congo a annoncé, ce jeudi 27 août 2026, une série de mesures conservatoires concernant onze établissements publics d’enseignement supérieur et universitaire situés à Goma et Bukavu.
Cette décision intervient en réaction à l’ingérence de l’AFC/M23, supplétif du Rwanda, dans le fonctionnement de certaines institutions publiques.
Selon le ministère de la Communication et des Médias, ces mesures font notamment suite à l’éviction des comités de gestion régulièrement investis et à l’installation de membres de l’AFC/M23 à des responsabilités académiques.
« Prises pendant les vacances académiques et à la charnière entre deux années, ces mesures visent à protéger les étudiants, à préserver la régularité de leurs parcours et à leur éviter de subir les conséquences d’une tentative d’organiser, avant le démarrage de l’année académique 2026-2027, leur orientation, leur inscription et leurs études dans des établissements passés sous la coupe de la rébellion et de l’occupation », indique le communiqué du gouvernement.
La mesure entraîne, selon l’exécutif, la fermeture d’office de la généralité de l’enseignement supérieur au Nord-Kivu et au Sud-Kivu. Les étudiants concernés devront être orientés vers des établissements publics reconnus et régulièrement agréés sur l’ensemble du territoire national.
Le gouvernement annonce également un accompagnement particulier pour les étudiants dont les parcours ont été interrompus ou perturbés par la guerre et l’occupation. Les modalités de leur réintégration dans le système éducatif national doivent être précisées par le ministère de l’Enseignement supérieur et universitaire.
« Au regard de ces exigences, il serait irresponsable de laisser se poursuivre un cursus dont la régularité serait compromise et d’en faire supporter les conséquences futures aux étudiants et à leurs familles », soutient le gouvernement.
L’exécutif affirme que les mesures prises reposent notamment sur les articles 42, 43 et 45 de la Constitution ainsi que sur la Loi-cadre n°14/004 du 11 février 2014 de l’enseignement national. Il invoque également des engagements internationaux relatifs au droit à l’éducation et à la continuité de l’enseignement en période de conflit armé.
Par ailleurs, le gouvernement précise que les enseignants des établissements concernés continueront à percevoir leur rémunération durant la période de fermeture temporaire.
« Le gouvernement rappelle également que l’État n’a jamais abandonné les enseignants qui subissent les conséquences de l’agression. Les enseignants des établissements concernés continueront à bénéficier de leur rémunération, y compris pendant la période de fermeture temporaire décidée à cause de l’occupation », précise le communiqué.
Les enseignants et étudiants des zones affectées par l’AFC/M23 sont, en outre, invités à se conformer aux instructions qui seront communiquées par le ministère de l’Enseignement supérieur et universitaire en vue de leur réintégration dans le système éducatif national.
Le gouvernement réaffirme enfin que ces mesures visent à protéger les parcours académiques des étudiants, à garantir la régularité de l’enseignement supérieur et universitaire et à préserver la valeur des diplômes délivrés par les établissements publics reconnus.
Il réitère également son engagement à défendre la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale de la RDC.
Dans un arrêté signé le 20 août, le gouvernement congolais avait suspendu, jusqu’à nouvel ordre, les activités académiques et para-académiques dans onze établissements publics d’enseignement supérieur de Goma (Nord-Kivu) et de Bukavu (Sud-Kivu), en raison de la situation sécuritaire.
La décision, prise par la ministre de l’Enseignement supérieur, universitaire, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, Sombo Ayanne Safi Mukuna Marie-Thérèse, couvre l’année académique 2026-2027 et concerne les inscriptions, réinscriptions, enseignements, évaluations et délibérations.
Le ministère invoque « la situation sécuritaire particulièrement préoccupante » dans ces deux villes et souligne la nécessité de protéger les étudiants et le personnel, tout en garantissant la régularité des titres académiques délivrés en République démocratique du Congo.
Une dérogation est toutefois accordée aux finalistes de l’année 2025-2026, autorisés à achever leur cursus dans des établissements légalement reconnus par l’État.
Raphaël Kwazi