La République démocratique du Congo fait face à une urgence humanitaire engendrée par des conflits armés récurrents, des catastrophes naturelles et des épidémies. Ces crises combinées ont entraîné des déplacements massifs de populations civiles.
D’après les données humanitaires disponibles depuis le début de l’année 2026, la RDC compte actuellement environ 7,3 millions de personnes déplacées internes (PDI), dont plus de 90 % sont concentrées dans l’est du pays. Cette situation, fait savoir le gouvernement, place la RDC parmi les pays les plus touchés par les déplacements internes à l’échelle mondiale.
Pour faire face à cette situation alarmante, le gouvernement initie une campagne permanente de solidarité nationale en faveur des déplacés internes dans l’est du pays, des victimes de catastrophes naturelles et d’autres personnes vulnérables. Le lancement officiel de cette campagne sera donné par le président Félix Tshisekedi, le 25 août prochain à Kinshasa.
La ministre des Affaires sociales, Action humanitaire et Solidarité nationale, Ève Bazaïba, l’a annoncé jeudi dernier, lors d’un briefing de presse coanimé avec le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya.
Pour elle, l’objectif est de mobiliser des ressources financières, matérielles et techniques afin de renforcer l’assistance humanitaire et les mécanismes de protection sociale en faveur des déplacés internes, des enfants en rupture sociale (enfants de la rue), des victimes de catastrophes naturelles et des groupes vulnérables, notamment les orphelins, les veuves et les personnes vivant avec handicap, en vue d’améliorer durablement leurs conditions de vie et leur résilience.
« Il est tout à fait normal que nous puissions nous prendre en charge pour servir notre peuple. Le gouvernement n’a pas dérogé à ses responsabilités. Mais en tant que responsable du secteur des Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale, je suis dans le devoir de rendre opérationnel le volet solidarité nationale. C’est ce que nous avons proposé au gouvernement. Il a été adopté que nous puissions lancer cette campagne », a déclaré la ministre d’État.
Selon Ève Bazaïba, les fonds et les dons en nature qui seront récoltés à travers cette campagne permettront de répondre aux chocs liés aux conflits et aux catastrophes naturelles.
« Les fonds récoltés, les dons récoltés vont servir aux conséquences de ce que nous appelons les chocs liés aux conflits. Parce qu’il suffit qu’un seul coup de feu soit tiré quelque part pour que des mouvements de population s’engagent. Et lorsqu’on quitte un point X pour un point Y, on tombe déjà dans une certaine vulnérabilité, parce que vous n’êtes plus dans votre milieu naturel. Les conditions deviennent précaires, liées à la guerre. Ça fait trois décennies aujourd’hui que nous, Congolais, sommes en train de vivre cette situation. Les chocs liés aux conflits constituent environ 60 % des cas : conflits divers, conflits liés à l’agression rwandaise, par exemple, et parfois aussi des conflits intercommunautaires », a soutenu ce membre du gouvernement.
Pour garantir la transparence et l’acheminement de l’aide humanitaire aux bénéficiaires, la ministre a annoncé la mise en place de garde-fous, notamment l’institution d’un comité de pilotage de cette campagne, constitué des acteurs clés du ministère des Affaires sociales ainsi que des partenaires humanitaires.
Prince Mayiro