L'Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC) recommandent au gouvernement congolais de placer la sensibilisation communautaire au cœur de la riposte contre l'épidémie d'Ebola due à la souche Bundibugyo. Cette orientation s'est dégagée de la réunion de haut niveau présidée, mercredi 5 août, à la Cité de l'Union africaine, par le président de la République, Félix Tshisekedi.
Autour du chef de l'État ont pris part à cette séance la Première ministre Judith Suminwa, les membres du gouvernement impliqués dans la riposte, le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, ainsi que le directeur général d'Africa CDC, Jean Kaseya.
Au cours des échanges, les partenaires sanitaires ont insisté sur la nécessité d'impliquer davantage les communautés dans la lutte contre la maladie. Ils estiment que la nouvelle stratégie doit s'appuyer sur les leaders religieux, les chefs traditionnels et les organisations de jeunes afin de renforcer l'adhésion des populations aux mesures de prévention et d'encourager une prise en charge rapide des personnes présentant des symptômes.
L'OMS a également appelé au renforcement de la surveillance épidémiologique et à une meilleure protection du personnel de santé. L'objectif est notamment d'éviter que des malades ne décèdent à domicile au lieu d'être pris en charge dans des structures sanitaires.
À l'issue de la réunion, l'OMS et Africa CDC ont salué les efforts déjà déployés par les autorités congolaises dans la riposte contre Ebola et réaffirmé leur engagement à poursuivre leur appui technique et opérationnel au gouvernement.
Pour rappel, la RDC est confrontée depuis mai 2026 à une épidémie d'Ebola causée par la souche Bundibugyo, une variante pour laquelle il n'existe pas encore de vaccin ni de traitement homologués. L'épidémie, dont l'épicentre se situe en Ituri, est la plus importante jamais enregistrée dans le pays pour cette souche.
Selon les dernières données communiquées par les autorités sanitaires, près de 3 900 cas confirmés et plus de 1 750 décès ont été recensés, tandis que la transmission communautaire demeure une préoccupation majeure.
Kevin Mbiya