Le Syndicat national des inspecteurs de l'éducation au Congo (SYNIECO) au Nord-Kivu II menace de boycotter la rentrée scolaire 2026-2027. Réunis en assemblée générale le vendredi 17 juillet dernier à Butembo, les inspecteurs disent avoir pris cette décision après avoir constaté que le gouvernement congolais n'a pas respecté les engagements pris à leur égard.
Selon leur déclaration lue par le secrétaire permanent du SYNIECO Nord-Kivu II, Kombi Samuel, les inspecteurs affirment avoir assuré les différentes activités certificatives de l'année scolaire malgré l'absence de moyens financiers. Ils expliquent avoir travaillé en faisant confiance au gouvernement, qui leur avait promis la prise en charge des frais liés à ces activités.
"Les inspecteurs ont mis leur confiance dans le gouvernement congolais pour la prise en charge des frais de participation aux activités certificatives. Ils viennent de faire passer les épreuves certificatives, y compris l'Examen d'État, sans recevoir le moindre franc, parce qu'ils espéraient que le gouvernement allait débloquer les moyens. Malheureusement, jusqu'à présent, rien n'a été débloqué alors que le travail a déjà été réalisé", a déploré Kombi Samuel.
Le syndicat dénonce également la situation liée à la prime de fonction spéciale. Les inspecteurs estiment qu'ils sont privés d'un droit dont bénéficient d'autres agents de l'État. À les en croire, cette prime est indispensable pour leur permettre d'effectuer correctement les missions de contrôle et d'inspection, souvent dans des zones inaccessibles.
"Les inspecteurs ne bénéficient toujours pas de la prime de fonction spéciale, alors qu'il s'agit d'un droit. Pourtant, c'est cette prime qui leur permettrait de travailler, d'aller jusque dans les recoins les plus éloignés et d'accomplir leur mission malgré les nombreuses difficultés et les risques auxquels ils sont exposés", a ajouté le syndicaliste.
Le SYNIECO évoque aussi la question du transfert des inspecteurs à la fonction publique. D'après le syndicat, plusieurs inspecteurs continuent de connaître des problèmes administratifs qui les privent parfois de leur salaire. Ils demandent au gouvernement de régulariser définitivement leur situation afin qu'ils soient reconnus comme des agents de l'État à part entière.
Pour les inspecteurs, ces revendications ne sont pas nouvelles. Ils affirment les avoir présentées à plusieurs reprises aux autorités compétentes, mais regrettent que les promesses faites jusque-là ne se soient pas traduites par des mesures concrètes.
Face à cette situation, le SYNIECO Nord-Kivu 2 prévient que, si aucune solution n'est trouvée dans les prochains jours, les inspecteurs pourraient boycotter la rentrée scolaire 2026-2027. Le syndicat appelle ainsi le gouvernement à honorer rapidement ses engagements afin d'éviter de nouvelles perturbations dans le secteur de l'éducation d'ici septembre 2026.
Isaac Kisatiro, à Butembo