Sit-in de l'opposition : « S'il y a eu des morts, qu'ils nous donnent les noms, les identités et les adresses ; nous, gouvernement, assumerons notre part » (Patrick Muyaya)

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La question des incidents survenus lors du sit-in organisé le 12 juin par la Coalition Article 64 pour la défense de l'ordre constitutionnel s'est invitée au briefing presse de lundi dernier, animé par le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, et son collègue de la Santé publique, Samuel-Roger Kamba.

Le porte-parole du gouvernement a d'abord rappelé que les libertés d'expression et de manifestation sont garanties par la Constitution. Il a toutefois condamné les violences survenues lors de cette mobilisation.

« Je dois d'abord rappeler un principe : la liberté de manifester et la liberté d'expression sont des droits garantis par la Constitution. Je rappelle également que, dans ce contexte, la violence n'a pas sa place ; elle est inacceptable, d'où qu'elle vienne. Je rappelle aussi que lorsque des responsables politiques conviennent avec les autorités urbaines du lieu et des modalités d'une manifestation, il faut s'en tenir à ce qui a été prévu », a-t-il déclaré.

Concernant le bilan des incidents, il a fait état de six ou sept blessés, dont un cas grave qui, selon lui, a été pris en charge.

« Dans les différents rapports que nous avons reçus, il y a eu six ou sept blessés. Il y a eu un blessé grave, mais il a été pris en charge. D'ailleurs, selon les informations communiquées par le chef de la Police, que j'ai interrogé samedi à ce sujet, son pronostic vital n'est pas engagé. S'il y a des évolutions, nous reviendrons dessus en toute transparence », a souligné le ministre de la Communication et des Médias.

Patrick Muyaya a également affirmé que les services de l'État n'ont enregistré aucun décès lors de cet événement. Il a, par conséquent, invité ceux qui évoquent des morts à en fournir les preuves au gouvernement.

« Je rappelle encore notre souci de transparence. Si des décès avaient été répertoriés ce jour-là par nos services, nous l'aurions déclaré. Les rapports dont nous parlons proviennent de la Police et des structures hospitalières. Les blessés sont pris en charge dans les hôpitaux afin de bénéficier des soins nécessaires, et c'est ce qui a été fait », a-t-il indiqué.

Et de poursuivre :

« Nous avons vu des personnes affirmer qu'il y a eu des morts. J'ai même vu un tweet du ministre belge des Affaires étrangères ainsi qu'une déclaration d'un porte-parole de l'Union européenne. La question est simple : s'il y a eu des morts, qu'on nous fournisse les noms, les identités, les adresses et les morgues concernées. Nous, gouvernement, assumerons notre part.»

Les partis politiques de l'opposition membres de la C64 ont organisé ce sit-in le 12 juin à Kinshasa pour exprimer leur opposition au projet de révision de la Constitution qui, selon eux, viserait à permettre au régime Tshisekedi de se maintenir durablement au pouvoir.

La manifestation s'est soldée par des affrontements entre la Police et des militants de l'opposition.
Selon la plateforme C64, des morts, des blessés et des arrestations arbitraires ont été enregistrés lors de ce sit-in, ce que contestent les autorités urbaines. Ces dernières évoquent plutôt 20 blessés, dont 15 policiers et 5 manifestants.

Prince Mayiro