Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont présenté, ce samedi 6 juin à Kinshasa, l’évolution de la situation sécuritaire sur l’ensemble du territoire national, marquée notamment par la poursuite des affrontements dans l’Est du pays et les opérations militaires contre les groupes armés et terroristes.
Au cours d’un point de presse, le porte-parole a.i. des FARDC, le lieutenant-colonel Mongba Hazukay Mak, a indiqué que « la situation sécuritaire demeure marquée par les conséquences persistantes de la guerre d’agression que subit la République Démocratique du Congo dans sa partie orientale, ainsi que par les activités des groupes armés et terroristes opérant dans certaines zones du territoire national ».
Selon l’armée, la coalition RDF - AFC - M23 poursuit ses actions dans plusieurs localités du Nord-Kivu ainsi que dans les Hauts Plateaux de Fizi et d’Uvira, au Sud-Kivu. Les FARDC affirment que ces attaques visent des populations civiles ainsi que certaines positions militaires, provoquant des pertes humaines, des déplacements de populations et des dégâts matériels.
Les FARDC ont également fait état d’attaques contre des infrastructures stratégiques, notamment l’aéroport international de Bangboka à Kisangani, dans la province de la Tshopo.
L’armée affirme que la coalition RDF/AFC/M23 a utilisé à plusieurs reprises des drones pour cibler cette infrastructure. Les FARDC rapportent que plusieurs civils ont été tués ces derniers jours dans le territoire de Mambasa et dans la région de Beni, parmi lesquels des membres des communautés autochtones pygmées.
« Les Forces armées de la République Démocratique du Congo condamnent avec la plus grande fermeté les attaques dirigées contre les populations civiles ainsi que contre les infrastructures publiques et stratégiques du pays. Ces actes constituent de graves violations du droit international humanitaire et des droits fondamentaux des populations innocentes. Rien ne saurait justifier le recours à la violence contre des civils ni les atteintes portées à la souveraineté de la République démocratique du Congo », rapporte la déclaration lue par le porte-parole a.i de l’armée.
Dans le Haut-Uélé, l’armée indique que les opérations menées contre les éléments ADF/MTM-ISCAP dans les territoires de Watsa, Mungbere et Apodu ont permis de maintenir une situation sécuritaire « globalement maîtrisée ».
Les FARDC signalent toutefois des actes de destruction commis par des combattants en fuite, notamment l’incendie d’un véhicule et de plusieurs habitations au PK12 sur l’axe Isiro-Mungbere.
Concernant les provinces du Kwilu et certaines parties du Kongo-Central, l’armée affirme que la situation reste sous contrôle grâce aux opérations de sécurisation menées conjointement avec les services de sécurité et aux actions de sensibilisation conduites par les autorités compétentes.
En outre, les FARDC accusent également la coalition RDF/AFC/M23 d’avoir violé à plusieurs reprises les engagements de cessez-le-feu conclus dans le cadre des processus diplomatiques de Washington et de Doha.
L’armée affirme par ailleurs constater « la poursuite de campagnes de désinformation destinées à travestir la réalité de la situation sur le terrain et à inverser les responsabilités ».
Ainsi, les FARDC réaffirment leur engagement à poursuivre les opérations de défense du territoire national, de protection des populations civiles et de sécurisation des infrastructures stratégiques, tout en appelant la communauté internationale à condamner les violences perpétrées contre les civils et à soutenir les efforts de lutte contre le terrorisme.
Raphaël Kwazi