Loi sur le référendum : Mukwege accuse les parlementaires de privilégier leurs intérêts au détriment des priorités de l'heure

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Dans une déclaration publiée ce samedi, le docteur Denis Mukwege critique le débat en cours au Parlement sur l’adoption d’une loi relative au référendum et à un éventuel changement de la Constitution.

Selon lui, les institutions devraient plutôt se concentrer sur les défis auxquels le pays est confronté, notamment l’épidémie d’Ebola, l’insécurité dans l’est de la République démocratique du Congo et la situation humanitaire des populations touchées par les conflits.

Dans son texte, le Prix Nobel de la paix affirme que l’insistance des parlementaires à débattre de cette question constitutionnelle s’explique par leur volonté de préserver leurs avantages. Il estime que les élus « privilégient leurs intérêts alors que la population subit les conséquences de la guerre, de l’occupation de certaines parties du territoire et de la famine ».

Le natif de Bukavu se montre également critique envers les députés élus du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri. Il regrette que ceux-ci soutiennent, selon lui, une démarche qu’il qualifie d’« aventure suicidaire », alors que leurs électeurs sont confrontés à l’insécurité, aux difficultés économiques et à l’épidémie.

Denis Mukwege accuse par ailleurs l’UDPS d’avoir abandonné son « rôle historique » de parti de résistance pour devenir, selon ses termes, « le maître d’œuvre d’une forfaiture ». Il évoque même une possible « connivence » entre le régime en place et les groupes rebelles dans un projet de balkanisation du pays.

S’adressant aux députés de l’Est, il les interroge sur leur légitimité future à représenter leurs populations si les territoires dont ils sont issus venaient à être davantage affectés par les conflits et la fragmentation du pays.

Dans cette déclaration datée du 29 mai 2026, le gynécologue congolais appelle enfin le président de la République à « revenir à la raison » et exhorte la population congolaise à se mobiliser pour préserver « la survie » de la République démocratique du Congo, qu’il souhaite voir demeurer « une et indivisible ».

Raphaël Kwazi