La République démocratique du Congo a réaffirmé sa volonté de participer de manière souveraine et équitable aux marchés internationaux du carbone. La ministre de l’Environnement, du Développement durable et de la Nouvelle Économie du climat, Marie Nyange Ndambo, a porté ce plaidoyer le 19 mai dernier lors du Global Knowledge Forum.
Devant des représentants gouvernementaux, des institutions financières et des investisseurs internationaux, la ministre a souligné que les marchés du carbone ne doivent pas être considérés comme une simple opportunité commerciale pour la RDC, pays doté d’un important patrimoine forestier.
« Notre pays considère que les mécanismes carbone peuvent constituer des leviers puissants de mobilisation des financements climatiques à grande échelle, à condition qu’ils reposent sur des principes clairs d’intégrité environnementale, de transparence, d’équité et de souveraineté nationale », a déclaré Marie Nyange Ndambo.
La RDC conditionne ainsi tout projet de crédit carbone à son alignement avec les engagements climatiques nationaux et à des retombées concrètes pour les populations. Kinshasa insiste notamment sur la protection des forêts tropicales, la restauration des paysages dégradés, la création d’emplois verts ainsi que le développement des communautés locales et des peuples autochtones.
Pour renforcer la gouvernance du secteur, le gouvernement congolais mise sur la création de l’Autorité de Régulation du Marché Carbone (ARMCA).
Cette structure aura pour mission de garantir la transparence, la traçabilité ainsi que le respect des normes environnementales et sociales des projets carbone menés en RDC.
La ministre a également rappelé que le pays travaille depuis plusieurs années avec la Banque mondiale afin de préparer son intégration effective aux marchés du carbone. Parmi les projets annoncés figurent la valorisation des crédits carbone du Programme de réduction des émissions de Mai-Ndombe, ainsi que le développement du programme Couloir Vert et du PIFORES.
Constatant la faiblesse historique des prix sur le marché volontaire du carbone, la ministre a insisté sur la nécessité d’une rémunération équitable pour les pays forestiers.
« La RDC conditionne son engagement à long terme à l’obtention de prix justes capables de soutenir les efforts climatiques et de garantir des bénéfices réels aux populations locales », a-t-elle affirmé.
À cette occasion, la RDC a appelé la communauté internationale à renforcer l’accès des pays du Sud aux financements, aux technologies et au renforcement des capacités afin de transformer leur potentiel environnemental en moteur de développement durable.
Sandrine Fundi