Massacre de civils en Ituri : une structure de la société civile exige une enquête mixte et la levée de l’état de siège

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Dans une déclaration rendue publique ce 6 mai, le bureau de coordination nationale de la Société civile Forces vives de la RDC a déploré la poursuite des massacres dans plusieurs parties de la République démocratique du Congo, principalement dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu. Cette structure estime également que l’état de siège instauré dans ces provinces s’avère sans « résultat tangible » cinq ans après.

Dans son évaluation, le bureau de la SCFV-RDC soutient que l’état de siège, instauré en vertu de l’ordonnance n° 21/015 du 3 mai 2021, visait à endiguer la violence des groupes armés en remplaçant les autorités civiles par des militaires.

« Après deux ans, des voix fortes et concordantes s’étaient élevées pour dénoncer les échecs cuisants de cette décision. La table ronde tenue à Kinshasa du 14 au 16 août 2023 avait recommandé la levée de l’état de siège, constatant ses limites sur le terrain. Trois ans après, la situation sécuritaire n’a cessé de se dégrader dans les deux provinces », lit-on dans le communiqué parvenu ce jour à la rédaction de 7SUR7.CD.

Au Nord-Kivu, ajoute la source, cette mesure n’a pas empêché les avancées de la rébellion AFC/M23, ni l’activisme des ADF et des groupes armés locaux. En Ituri, affirme-t-elle, elle a favorisé la multiplication, voire l’entretien, de milices qui sèment la terreur et la désolation.

« Les ADF se sont renforcés dans le sud d’Irumu et dans le territoire de Mambasa, étendant désormais leurs activités jusqu’au Haut-Uélé, menaçant même la province de la Tshopo. Les massacres atteignent un niveau alarmant dans plusieurs entités, notamment dans la région de Bule-Fataki-Pimbo, dans le territoire de Djugu. Plus d’un million de civils déplacés vivent aujourd’hui à proximité du camp de l’UPDF, dans des conditions assimilables à une prison à ciel ouvert, sans aucune assistance humanitaire. À notre grande surprise, le massacre d’environ 100 civils dans la région du tronçon Djugu-Pimbo sur la RN27, le 28 avril 2026, est resté ignoré par l’administration militaire. Plusieurs corps en putréfaction sont abandonnés au sol ou jetés dans la rivière Tse », déclare cette structure de la société civile.

Par ailleurs, elle dit encourager toutes les communautés de l’Ituri, dont LORI, qui ont unanimement condamné ce massacre, et dénonce la tentative de « masquer » ces souffrances indescriptibles des populations civiles par l’asphaltage de quelques artères de Bunia.

« L’objet de l’état de siège est sécuritaire et non économique. Nous fustigeons cette banalisation de la vie humaine », rappelle-t-elle.

À cet effet, la SCFV-RDC exige la levée immédiate  de l’état de siège, qui totalise déjà ⁶ ans « sans aucun résultat palpable » par rapport aux objectifs assignés, et demande l’ouverture d’une enquête mixte afin d’élucider les circonstances réelles de la mort de ces paisibles Congolais, dont le sang, dit-elle, réclame justice.

Christian Dimanyayi