L’Assemblée provinciale de Kinshasa a examiné, mercredi 6 mai 2026, une question d’actualité adressée au ministre provincial de l’Éducation, Formation professionnelle, Citoyenneté, Genre et Famille par le député provincial Diyabanza Mwananene Martyr, au sujet des allégations d’abus sexuels visant le promoteur du Lycée Madame de Sévigné à Kinshasa.
Cette question d’actualité, inscrite par le Bureau de l’Assemblée provinciale de Kinshasa, faisait suite à plusieurs révélations relayées dans les médias et sur les réseaux sociaux concernant de présumés actes d’abus sexuels commis en milieu scolaire.
Dans son intervention, le député provincial Diyabanza Mwananene Martyr a rappelé que l’école doit demeurer «un cadre essentiel de transmission des connaissances, de formation morale et civique ainsi que de préparation à la vie professionnelle », tout en garantissant un environnement sécurisé pour les élèves.
L’élu provincial a expliqué que les accusations ont commencé à circuler après l’intervention médiatique d’un parent d’élève contestant l’exclusion définitive de son fils d’un établissement du Lycée Madame de Sévigné, avant que plusieurs témoignages similaires n’émergent.
« Cependant, depuis le 21 avril dernier, des révélations d’une extrême gravité font état de cas d’abus sexuels dont seraient victimes certains élèves du Lycée Madame de Sévigné. Ces faits ont été largement relayés, non seulement par les médias en ligne, mais aussi dans certaines émissions télévisées des chaînes publiques de la place. Ces parents ont affirmé avec insistance qu’il y aurait plusieurs autres élèves victimes de faits similaires, mais qui ne parviennent pas à les dénoncer. À la suite de ces révélations, plusieurs langues se sont déliées pour dénoncer et témoigner dans le même sens au sujet d’abus sexuels qu’auraient subis des enfants passés par cet établissement scolaire », a déclaré le député provincial Diyabanza Mwananene Martyr.
Répondant à cette préoccupation devant les élus provinciaux, le ministre provincial de l’Éducation a reconnu le caractère «extrêmement sensible » du dossier, rappelant que les faits allégués concernent des établissements scolaires fréquentés essentiellement par des mineurs.
Le ministre a indiqué qu’une série de démarches administratives et d’investigations ont déjà été engagées en collaboration avec le ministère national de l’Éducation ainsi que l’Inspection générale de l’enseignement.
Selon ses explications, une première mission d’enquête conduite par l’inspecteur principal de la province éducationnelle de Lukunga a déjà permis d’auditionner certains membres du personnel enseignant ainsi que quelques élèves.
« Ces révélations n’ont pas laissé le secteur de l’Éducation nationale insensible. Un certain nombre d’initiatives ont été prises en collaboration avec le ministère national, notamment l’envoi sur les lieux d’une mission d’enquête. À la suite du rapport de cette enquête et de la dénonciation écrite faite par le père de la victime présumée, une commission élargie a été mise en place afin d’entendre le dénonciateur, les témoins éventuels, le personnel enseignant et administratif des complexes scolaires concernés, les membres des comités des parents, les anciens élèves disposés à témoigner, ainsi que l’accusé. L’objectif est d’établir la vérité des faits », a indiqué le ministre provincial de l’Éducation.
Il a également confirmé avoir reçu, le 27 avril 2026, le père du présumé élève victime à son cabinet avant de recevoir officiellement sa lettre de dénonciation le 29 avril dernier.
Toutefois, il a précisé qu’à ce stade, les éléments recueillis ne permettent pas encore de confirmer les accusations relayées publiquement, même si plusieurs « sources informelles » évoquent des faits similaires nécessitant des investigations approfondies.
Abordant les mesures de prévention, le ministre a insisté sur la nécessité de renforcer les dispositifs existants de lutte contre les violences sexuelles en milieu scolaire. Il a notamment annoncé des actions conjointes avec la division Genre et la section des violences sexuelles de la Police nationale congolaise afin d’intensifier les campagnes de sensibilisation et de mettre en place des mécanismes d’alerte dans les écoles de la capitale.
Le ministre a en outre rappelé que la protection des enfants contre les violences sexuelles repose sur plusieurs instruments juridiques nationaux, notamment la loi portant protection de l’enfant ainsi que les textes réprimant les violences sexuelles en République démocratique du Congo.
« Je réaffirme l’engagement ferme et constant du gouvernement provincial de Kinshasa à lutter contre toute forme de violence en milieu scolaire, en particulier les violences sexuelles et basées sur le genre, susceptibles de porter atteinte à l’intégrité physique, morale et psychologique des enfants », a-t-il déclaré.
Au terme des échanges, le ministre provincial de l’Éducation a assuré que les conclusions définitives des enquêtes seront communiquées à l’Assemblée provinciale dès leur validation par les instances compétentes.
Grâce Kenye