RDC : le gouvernement annonce le paiement progressif des indemnités de sortie à 43 700 enseignants retraitables

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Le gouvernement congolais prévoit de payer progressivement les indemnités de sortie des enseignants retraitables à partir du second semestre 2026 jusqu’en 2027. C’est le vice-Premier ministre, ministre du Budget, Adolphe Muzito, qui l’a annoncé ce mardi 28 avril, lors du segment politique de haut niveau consacré au Pacte de partenariat avec le GPE, à l’achèvement de la SSEF 2016-2025 et à l’ouverture d’un nouveau cycle de planification à travers la Stratégie sectorielle intérimaire de l’éducation et de la formation (SSIEF 2026-2030).

Il a également annoncé une augmentation progressive des salaires des enseignants, ainsi que la prise en charge de plus de 3 000 enseignants qui n’étaient pas encore rémunérés sur l’ensemble du territoire national.

« Avec la ministre d’État, nous sommes en train d’engager, pour les fonctionnaires, une augmentation d’environ 30 à 40 dollars américains, applicable à partir du mois d’avril. À compter de ce mois, les enseignants pourront percevoir 35 à 40 dollars supplémentaires par rapport à leur rémunération actuelle. Par ailleurs, 3 000 enseignants, jusque-là non payés, seront pris en charge grâce à une enveloppe de 500 000 USD », a déclaré Adolphe Muzito.

Concernant les enseignants retraitables, il a précisé : « Nous avons 43 700 enseignants retraitables qui ne sont pas encore partis à la retraite faute de paiement de leurs indemnités de sortie. Nous allons commencer leur programmation à partir du collectif budgétaire, et ce jusqu’en 2027. »

Le ministre du Budget a indiqué que ces ressources proviendront du surplus attendu dans le cadre du collectif budgétaire que le gouvernement s’apprête à présenter à l’Assemblée nationale d’ici fin mai, estimé à 16 milliards de dollars américains en ressources propres.

« Le collectif budgétaire que je vais défendre au Parlement d’ici fin mai s’élèvera à 16 milliards USD. Il s’agit d’une évolution significative : le Président de la République avait trouvé un budget de 3,5 milliards de dollars en ressources propres. Celui-ci est passé à environ 10 milliards à la fin du précédent quinquennat, et nous visons aujourd’hui 16 milliards », a-t-il expliqué.

Selon Adolphe Muzito, les perspectives restent positives, avec un objectif de porter les ressources propres de l’État entre 20 et 22 milliards de dollars d’ici la fin du quinquennat du président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.

« C’est une progression remarquable, passant de 3,5 milliards à potentiellement 20 milliards, voire 22 milliards », a-t-il souligné.

Il a également insisté sur la volonté du gouvernement de réduire les inégalités salariales dans la fonction publique.

« Sur instruction du Président de la République et sous la conduite de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, nous allons réduire l’écart entre les hauts et les bas salaires. Plutôt que de diminuer les rémunérations élevées, nous allons les plafonner et concentrer les augmentations sur les agents les moins payés, afin d’atteindre un salaire minimum compris entre 500 et 1 000 USD dans le secteur public », a-t-il dit.

Par ailleurs, la pression fiscale devrait passer de 12,5 % à 13,5 % du PIB, estimé à 125 milliards de dollars, permettant ainsi d’atteindre environ 16 milliards de dollars en ressources propres. Une partie de ces fonds sera allouée au secteur de l’éducation.

Adolphe Muzito a également mis en avant les progrès réalisés dans la mobilisation des recettes publiques depuis l’arrivée au pouvoir du président Félix Tshisekedi. Selon lui, les recettes propres de l’État sont passées de 4 milliards USD en 2019 à 10 milliards en 2023, avec une projection de 16 milliards en 2026.

Cette dynamique, a-t-il expliqué, permet désormais au gouvernement d’envisager plus sereinement le financement des réformes sociales, notamment la gratuité de l’enseignement.

À travers ces annonces, le gouvernement dirigé par la Première ministre Judith Suminwa entend concrétiser la vision du Chef de l’État, qui fait du capital humain et de l’accès équitable à l’éducation une priorité stratégique.

ODN