Me Séraphin Umba, cadre de l’UDPS, a dénoncé une « manipulation pure et simple » du Rwanda derrière les récentes manifestations attribuées aux Banyamulenge à l’étranger.
Il s’est exprimé lors d’un point de presse tenu ce samedi 25 avril 2026 à Kinshasa.
Il a rejeté l’idée selon laquelle les manifestants seraient issus de la communauté banyamulenge.
« Il ne faut pas qu’on se perde en pensant que les gens qui ont marché sont des Banyamulenge. Ce sont des sujets rwandais qui sont passés pour des Banyamulenge pour justifier leur appétit glouton de nos territoires », a-t-il déclaré.
Pour Me Umba, ces mobilisations s’inscrivent dans une stratégie visant à repositionner Kigali sur la scène internationale.
« Ce sont en réalité des Rwandais qui tentent de sauver la position difficile dans laquelle se trouve leur chef de l’État et cherchent à lui donner des plumes pour qu’il puisse renaître sur la scène politique », a-t-il soutenu.
Appuyant son argumentaire, il s’interroge sur l’ampleur de la mobilisation observée à l’étranger.
« Les Banyamulenge sont une minorité en RDC. Comment expliquer un tel nombre dans la diaspora ? », a-t-il lancé, estimant que « les vrais Banyamulenge vivent en RDC » et n’ont pas manifesté dans des villes où ils sont pourtant présents, notamment à Uvira, Goma ou Bukavu.
Il voit dans ces actions une stratégie « mûrie de longue date » par ce qu’il qualifie de « forces obscures », visant à influencer l’opinion et à infiltrer les institutions congolaises, « y compris au sommet de l’appareil de l’État ».
« La marche de ces Rwandais nous ouvre davantage les yeux. Nous aimerions, à cette occasion, dire que nous avons eu la chance d’avoir Félix Tshisekedi comme chef de l’État, qui a crevé l’abcès. Sinon, nous serions en train de croire que les gens qui ont marché sont des Congolais banyamulenge. Aujourd’hui, cela ne passe plus, parce que nos yeux ne sont plus couverts. Nous avons des yeux qui voient très loin. Nous savons qu’il s’agit d’une énième manipulation pour sauver ce qu’ils ont perdu sur le plan diplomatique », a-t-il souligné.
Dans ce contexte, Me Séraphin Umba a plaidé pour un renforcement du processus d’identification de la population, qu’il considère comme une « panacée » pour distinguer « les vrais Congolais » de ceux à « nationalité douteuse ».
À titre de rappel, des manifestations ont été organisées à l’étranger par des membres de la communauté banyamulenge. Le lundi 20 avril 2026, plusieurs milliers de personnes, estimées à plus de 4 000 selon certaines sources, ont notamment manifesté à Washington, aux États-Unis. D’autres rassemblements ont également été signalés le même jour au Kenya, notamment à Nairobi.
Lors de ces mobilisations, les manifestants ont appelé à une intervention de la communauté internationale face à la situation sécuritaire dans les hauts plateaux de Minembwe, dans l’est de la RDC. Ils dénoncent des violences visant leur communauté, évoquent un blocus humanitaire limitant l’accès à la nourriture, aux soins et aux marchés, et réclament la fin des attaques armées, l’ouverture de couloirs humanitaires ainsi que des enquêtes indépendantes sur les exactions présumées.
Certains participants ont également sollicité l’implication des autorités américaines afin d’exercer des pressions sur Kinshasa, dans le but de mettre fin aux opérations militaires décriées dans cette partie du pays.
Merveil Molo