Les parlementaires appelés à voter une loi sur l’inclusion scolaire des enfants autistes

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Le centre Never Limit Children (NLC) a organisé, du 15 au 16 avril 2026 à Kinshasa, la deuxième édition du Grand Salon de l’autisme, sous le thème : « La scolarité des enfants présentant des troubles du spectre de l’autisme ».

Ce colloque, qui a réuni plusieurs intervenants venus de divers pays, a abordé différentes thématiques de sensibilisation. Il a rappelé aux participants que l’autisme n’est pas une fatalité, mais une réalité humaine, sociale et psychologique qui oblige à repenser les manières d’éduquer, de protéger et d’accompagner.

La présidente du centre Never Limit Children, Mado Madiya Fikula, a, dans son discours de clôture, exprimé le vœu de voir les parlementaires voter une loi sur l’inclusion des enfants autistes dans des structures ordinaires.

« L’autisme en RDC est très mal perçu, au point de provoquer parfois des divorces. Nous souhaitons que les parlementaires adoptent une loi favorisant l’inclusion des enfants autistes dans les structures ordinaires. Nous avons également appelé les parents à s’impliquer davantage dans la prise en charge de leurs enfants et démontré à la société que l’autisme n’est pas une maladie, mais un trouble du spectre autistique affectant la communication, les interactions sociales et entraînant des difficultés sensorielles. Notre objectif est de déconstruire la perception, encore répandue en Afrique, selon laquelle l’autisme serait lié à la sorcellerie ou à un mauvais sort », a-t-elle déclaré.

À l’issue de ce colloque consacré à la scolarisation des enfants présentant un trouble du spectre de l’autisme (TSA), les participants ont formulé les recommandations suivantes :

- Adopter une loi obligeant les écoles à accueillir les enfants vivant avec un TSA, avec l’accompagnement de l’État congolais ;

- Garantir une scolarisation inclusive, structurée et individualisée, fondée sur la personnalisation des apprentissages, la prévisibilité du cadre, des stratégies pédagogiques adaptées et une coordination étroite entre l’école, la famille et les professionnels ;

- Développer des équipes pluridisciplinaires et des pratiques harmonisées d’accompagnement adaptées au contexte local ;

- Associer les familles à toutes les étapes : repérage, dépistage, diagnostic, définition des objectifs, mise en œuvre des stratégies et évaluation ;

- Promouvoir un diagnostic et un accompagnement aussi précoces que possible, tout en restant flexibles et adaptés aux contextes ;

- Sensibiliser et former les parents, les enseignants et les élèves en vue d’une meilleure inclusion des enfants avec TSA ;

- Mettre en place une formation continue obligatoire (au moins annuelle) pour les enseignants et les équipes éducatives, notamment sur le repérage des signes, les stratégies d’enseignement adaptées et les outils de communication ;

- Adapter les espaces scolaires (cour, cantine, activités périscolaires) afin de favoriser l’autonomie, la participation sociale et le bien-être des enfants avec TSA ;

- Encourager les interactions avec les autres élèves et l’ouverture vers le monde extérieur ;

- Développer des actions de soutien aux familles : formations, groupes de pairs, accompagnement parental ;

- Impliquer les leaders communautaires dans la sensibilisation afin de lutter contre les pesanteurs culturelles et religieuses ;

- Renforcer les partenariats entre universités, institutions, associations et familles pour des actions concertées en faveur des enfants avec TSA.

Linda Lusonso