Justicia ASBL, une organisation de défense des droits humains, a dénoncé l'enlèvement d'au moins 15 personnes, notamment à Lubumbashi, au village Kashobwe dans les territoires de Pweto et Mitwaba, par des hommes armés dans le Haut-Katanga.
Dans un communiqué rendu public ce mercredi 15 avril 2026, dont une copie est parvenue à 7SUR7.CD, Justucia Asbl exprime sa vive inquiétude face à la dégradation du climat sociopolitique dans cette entité du Sud-est de la RDC. Maître Timothée Mbuya, président de cette structure qui signe le document, explique que cette situation intervient dans un contexte national marqué par des tensions liées au débat sur un éventuel changement de la Constitution, alors que la République démocratique du Congo fait déjà face à une crise sécuritaire persistante dans sa partie Est.
Selon lui, les faits les plus marquants remontent au 13 avril 2026, aux environs de 15h30, au croisement des avenues Lubilanshi et Kimbangu, à Lubumbashi. Près de 15 personnes, dont Raphaël Mututa et Yannick Kyungu, auraient été enlevées par des éléments de la Garde républicaine.
D’après un témoin relayé par Justicia Asbl, un homme en tenue civile, armé, aurait fait irruption dans un restaurant avant de donner l’ordre aux militaires déjà présents d’interpeller toutes les personnes sur place.
« C’est vous qui vous opposez au 3ᵉ mandat ? Vous étiez au pouvoir, qu’en avez-vous fait ? », aurait lancé l’individu avant les arrestations.
Des sources concordantes évoquent une détention des personnes interpellées, dont l'ancien président de la fondation katangaise et un des fils de feu Kyungu wa Kumwanza, dans un hôtel de Lubumbashi, en attendant leur transfert à Kinshasa.
Au-delà de Lubumbashi, l’ONG dénonce également des exactions à Kashobwe, dans le territoire de Kasenga. Le 8 avril 2026, un membre du parti Ensemble pour la République, identifié comme Kishimba Angila, aurait été violemment agressé par des militaires. Justicia ASBL fait également état de restrictions imposées aux populations locales, notamment l’interdiction d’utiliser des moteurs hors-bord pour accéder aux structures sanitaires, alors que les routes sont fortement dégradées.
L’organisation évoque aussi des attaques ciblées contre des acteurs politiques. Dans la nuit du 24 au 25 mars 2026, le domicile de Jean-Claude Ndala, cadre de la jeunesse du parti Ensemble pour la République, aurait été pris pour cible par des individus non identifiés, peu après une déclaration publique contre le projet de modification constitutionnelle. Par ailleurs, le cas de Willy Ngoy Mwine, arrêté à Mitwaba, illustre selon l’ONG les dérives des services de sécurité. Ce dernier aurait été interpellé à la suite d’une altercation dans un marché, sur base d’accusations jugées infondées.
« Les services de sécurité […] procèdent à des enlèvements et attaques des personnalités politiques et sociales », a-t-il relaté.
Dans ce contexte tendu, Justicia ASBL redoute une multiplication des violations des droits humains, notamment des libertés d’expression, d’opinion et de rassemblement, pourtant garanties par la Constitution congolaise.
« Des violations des droits humains […] soient systématiquement violées à mesure que la fin du mandat présidentiel approche. », a-t-il rappelé.
Face à ces dérives présumées, Justicia ASBL appelle les autorités congolaises à agir en urgence. L’organisation exige la libération immédiate et sans condition de Raphaël Mututa ainsi que de toutes les personnes arrêtées dans cette affaire. Elle dénonce par ailleurs ce qu’elle qualifie de « chasse à l’homme » contre certains acteurs politiques et appelle à la fin des intimidations liées aux opinions exprimées.
Alors que la RDC traverse une période charnière de son histoire politique, ces dénonciations mettent en lumière les défis persistants en matière de respect des droits humains. La situation dans le Haut-Katanga, particulièrement à Lubumbashi, reste suivie de près par la société civile et les observateurs.
Patient Lukusa, à Lubumbashi