Belgique : le nombre de demandeurs d'asile congolais double en 2 ans, passant de 1238 à 2422 (Anneleen Van Bossuyt)

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Le Royaume de Belgique est confronté, depuis plusieurs mois, à une augmentation importante des demandes d'asile des Congolais. En 2 ans, soit de 2023 à 2025, les chiffres ont doublé, passant de 1238 à 2422.

C'est la ministre belge en charge de l’Asile et de la Migration, Anneleen Van Bossuyt, en séjour en République démocratique du Congo, qui a révélé ces chiffres au cours d'une conférence de presse lundi à Kinshasa. Selon elle, pour le premier trimestre 2026, la Belgique a enregistré 450 demandes de protection internationale provenant des Congolais de la RDC.

« Malgré cette coopération de qualité, je suis au regret de constater que la Belgique est confrontée, depuis de nombreux mois, à une augmentation très importante de demandeurs d’asile, que l’on appelle aussi demandeurs de protection internationale, qui viennent de la RDC. Les chiffres explosent. Pour vous le démontrer : en 2023, nous avons enregistré 1238 demandes de ressortissants congolais. En 2025, seulement 2 ans plus tard, ces demandes passent à 2422. Donc, presque le double. Pour le premier trimestre 2026, nous avons enregistré 450 demandes et c’est beaucoup trop », a-t-elle déclaré.

Avec ces chiffres, a-t-elle souligné, la RDC est actuellement à la 3e place des demandes de protection internationale en Belgique, après l’Afghanistan et la Palestine.

Par ailleurs, la ministre belge en charge de l’Asile et de la Migration a affirmé que la plupart des demandeurs d'asile congolais ne remplissent pas les critères définis dans la Convention de Genève sur la protection internationale. Anneleen Van Bossuyt a indiqué que les raisons économiques ou financières ne sont pas valables pour obtenir le statut de réfugié.

« Je voudrais rappeler que la procédure d’asile est réglementée par la Convention de Genève.Elle est recommandée pour des personnes qui sont victimes de persécutions graves et qui craignent pour leur vie et leurs libertés. Or, nous constatons que la plupart des demandeurs d’asile congolais ne remplissent pas les critères de la Convention de Genève.Les raisons économiques ou financières qui incitent les Congolais à introduire des demandes d’asile ne sont pas des critères valables pour obtenir le statut de réfugié reconnu », a-t-elle dit.

Avant de poursuivre :

« Nous remarquons aussi que, souvent, de fausses déclarations ou de faux documents sont utilisés dans le cadre de ces demandes uniquement pour obtenir un séjour légal en Belgique. C’est un détournement de procédure inefficace et qui ne sert à rien. En effet, ces demandes sont rejetées, ces personnes reçoivent un ordre de quitter le territoire et l’espace Schengen. Elles s’exposent aussi au risque d’être maintenues dans un centre de rétention dans l’attente d’être renvoyées vers la RDC. »

Pour elle, ces abus de procédure ne servent à rien :

« Les Congolais qui détournent les procédures migratoires recevront une décision négative et devront rentrer au Congo. Ne pas rentrer, c’est vivre en Belgique dans la clandestinité et la précarité. »

La ministre belge en charge de l’Asile et de la Migration a également alerté la population sur les risques de l’immigration irrégulière.

À l’en croire, ne pas suivre la procédure légale, c’est s’exposer à de grands risques financiers, à un enfermement dans un centre de rétention ou à un retour forcé.

Elle a enfin affirmé sa détermination à reprendre le contrôle du flux migratoire vers la Belgique, en mettant en place la politique d’asile et de migration « la plus stricte de son histoire, avec moins d’arrivées, davantage de retours et aucune tolérance pour les abus ».

Prince Mayiro