La Haute Cour militaire a poursuivi, mardi 7 avril 2026 à Kinshasa, l’examen de l’affaire opposant le ministère public au général-major Ramazani Fundi et ses coaccusés. À la barre, le général de brigade Pero Minembwe, chef du département chargé des opérations à l’état-major du renseignement, est intervenu en qualité de renseignant.
Cette affaire met en cause le général-major Ramazani Fundi, ancien commandant du secteur opérationnel Sukola 2 Sud au Sud-Kivu, ainsi que le capitaine Kalume Blaise Smith et le civil Wandemba Mungenge Gustave. Ils sont poursuivis pour violation des consignes, incitation des militaires à commettre des actes contraires au devoir ou à la discipline, ainsi que pour entrave au fonctionnement normal du matériel militaire, faits remontant à 2022 dans la ville d’Uvira.
Au cœur des accusations figure notamment le refus présumé du général Ramazani d’exécuter un ordre suspendant une procédure disciplinaire engagée contre le colonel Talimbo Guy, un officier relevant de son état-major.
Lors de son audition, le général Pero Minembwe a éclairé la cour sur certaines missions effectuées à Uvira. Il a déclaré avoir reçu un télégramme portant réhabilitation du colonel Talimbo, émis par le chef T2, le colonel Wembolia, ainsi que par le secrétariat du secteur opérationnel Sukola 2 Sud.
Selon lui, l’autorité à l’origine de ce message, le commandant de la 33ᵉ région militaire, s’était indignée du fait que plusieurs correspondances adressées au général Ramazani n’aient pas été réceptionnées.
Appelé à présenter ses moyens de défense, le général Ramazani a produit une note de la Maison militaire datée du 10 juillet 2023 lui ordonnant de rejoindre son poste à Uvira. Il a soutenu qu’il n’était pas présent au moment des faits incriminés, précisant que l’ordre de réhabilitation du colonel Talimbo avait été exécuté par son intérimaire.
Cependant, la Haute Cour militaire a relevé que, à son retour, le prévenu n’avait entrepris aucune démarche pour accéder aux documents administratifs relatifs à cette affaire.
À l’issue de cette audience, la cour a décidé de renvoyer l’examen de la cause à deux semaines pour la suite des débats.
ODN