RDC : « Pas de droits sans lumière, pas de justice sans énergie » (femmes du Réseau Mwangaza)

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Dans le cadre de la Journée internationale des droits des femmes 2026, célébrée sous le thème « Droits. Justice. Action. Pour toutes les femmes et les filles », les femmes du Réseau Mwangaza plaident pour un accès équitable à l’énergie propre en République démocratique du Congo, affirmant que cela constitue un « droit humain fondamental ».


Dans un communiqué publié le mercredi 11 mars ,à Kinshasa, les membres de cette plateforme, qui milite pour l'accès à l'électricité, la bonne gouvernance et la protection des droits des consommateurs en RDC, soulignent que l’accès à l’énergie est « étroitement » lié à la justice sociale et climatique. Elles insistent ainsi sur le fait qu’il n’y a « pas de droits sans lumière, pas de justice sans énergie ».

Elles rappellent également l’article 48 de la Constitution congolaise, qui garantit le droit à l’énergie électrique, ainsi que les engagements internationaux du pays, notamment le Protocole à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatif aux droits de la femme en Afrique, et la loi n°15/013 du 1er août 2015 sur les modalités d’application des droits de la femme et de la parité.


Malgré ce cadre légal et ces engagements internationaux, la femme congolaise reste « particulièrement » exposée à la « précarité » énergétique. Le Réseau déplore que « les femmes supportent la corvée de bois et les risques sanitaires liés à la cuisson utilisant le bois comme principale source d’énergie domestique, ainsi que l’insécurité lors des déplacements ».


Victorine Bibiche Kilembe, membre du Centre congolais pour le droit du développement durable (CODED), une organisation affiliée au Réseau Mwangaza, souligne que de nombreuses femmes ignorent l'importance de la journée du 8 mars en raison du manque d’électricité.


« Comment voulez-vous qu’elles sachent qu’il existe un 8 mars et quel est le thème de l’année choisi, si elles n’ont pas accès à l’électricité ? Pour le Réseau Mwangaza, l’énergie est un besoin indispensable pour les femmes. Elle touche tous les secteurs et toutes les situations de leur vie », a-t-elle commenté.

Elle a ajouté : « L’utilisation du bois de chauffe dans la cuisson expose les femmes à des maladies. Voilà pourquoi le Réseau Mwangaza souhaite que la femme congolaise puisse avoir accès à une cuisson propre, qui la protège. Cela contribuera également à préserver nos forêts de la déforestation. »


Arlette Basua, membre de l’Observatoire d’études et d’appui à la responsabilité sociale et environnementale, basé à Lubumbashi, souligne que l'accès à l’énergie renforcerait l’autonomisation économique des femmes et réduirait les inégalités de genre.


« Sans énergie fiable et abordable, les initiatives portées par les femmes peinent à se développer, ce qui freine leur autonomisation économique et accentue les inégalités de genre. Une transition énergétique inclusive constitue un levier stratégique pour renforcer la résilience des femmes et des filles congolaises », a-t-elle souligné.


Les femmes du Réseau Mwangaza appellent également à établir un cadre légal garantissant une représentation paritaire aux postes de décision dans les institutions énergétiques. Elles réaffirment leur demande en faveur d’une justice énergétique « inclusive », afin que la transition énergétique en République démocratique du Congo bénéficie « pleinement » aux femmes et aux filles.

Bienfait Luganywa