La présidente du conseil d’administration du Collectif des associations féminines pour le développement (CAFED), Isabelle Pendeza, a relevé des avancées enregistrées en matière de parité en République démocratique du Congo.
Au cours d’une interview accordée à 7SUR7.CD le lundi 9 mars 2026, cette activiste sociale, qui œuvre au sein de cette plateforme d’organisations féminines basée au Nord-Kivu, a notamment cité la mise en place de structures et de mécanismes visant l’application des résolutions 1325 et 2250, relatives à l’intégration de la perspective de genre dans les efforts de paix et de sécurité.
Cependant, Isabelle Pendeza a dénoncé la condition actuelle de la femme dans sa province, en proie à l’insécurité, qu’elle considère comme l’un des principaux défis à relever.
« La situation de la femme du Nord-Kivu reste très difficile jusqu’à présent. Les femmes sont généralement les principales victimes des violences incessantes dans la région. Il y a notamment des violences sexuelles et basées sur le genre. Il y a aussi des pillages. Comme vous le savez, les femmes sont également touchées par l’insécurité alimentaire, la pauvreté et le manque d’accès aux services essentiels tels que la santé et l’éducation », a-t-elle déploré.
Elle a ajouté :
« Les violences sexuelles font partie des défis majeurs. Je souligne que les violences sexuelles et basées sur le genre ne touchent pas seulement les femmes, mais aussi les hommes et les jeunes. Il y a également des défis liés aux déplacements de population. Des centaines de milliers de personnes sont contraintes de se déplacer à répétition. »
Face aux initiatives menées dans la province pour soutenir ces femmes confrontées aux conséquences de la guerre, Isabelle Pendeza les a appelées à demeurer solidaires et résilientes.
« Nous devons nous battre davantage pour que les autres comprennent que nos droits ne sont pas négociables et que les droits des femmes sont des droits humains.Nous devons rester motivées, garder notre élan de courage et de résilience. Nous devons également renforcer notre autonomisation, tant sur le plan mental qu’économique », a-t-elle lancé.
Rappelons que le thème retenu cette année en RDC tourne autour de l’autonomisation durable de toutes les femmes et filles. À l’occasion de la célébration du 8 mars, la ministre nationale du Genre, Micheline Ombae, avait appelé à passer de la protection juridique à une véritable émancipation économique des femmes.
Christel Insiwe