Human Rights Watch dénonce « des disparitions forcées » à Kinshasa

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L’organisation de défense des droits humains Human Rights Watch accuse les forces de sécurité de la République démocratique du Congo d’être impliquées dans une vague de disparitions forcées à Kinshasa et dans ses environs depuis mars 2025.

Dans un communiqué publié le 10 mars 2026, l’ONG indique avoir documenté au moins 17 cas de disparitions forcées au cours de l’année écoulée, ainsi que plusieurs autres cas jugés crédibles. Certaines des personnes disparues auraient été retrouvées des mois plus tard détenues dans des installations du Conseil national de cyberdéfense.

Selon Human Rights Watch, plusieurs personnes auraient été arrêtées par des agents de sécurité, parfois en pleine nuit, sans mandat judiciaire. Certaines ont affirmé avoir été conduites les yeux bandés vers des centres de détention, notamment dans les locaux du CNC situés à l’Office national des transports (Office national des transports) ou au Stade des Martyrs.

Les anciens détenus interrogés par l’organisation allèguent que leurs interrogatoires portaient souvent sur de supposés liens avec la rébellion du Mouvement du 23 mars ou avec l’ancien président Joseph Kabila. D’autres auraient été arrêtés en raison de leurs positions politiques critiques envers le pouvoir.


Human Rights Watch demande aux autorités congolaises de rendre compte publiquement du sort des personnes disparues, de permettre aux détenus d’avoir accès à leurs familles et à leurs avocats, et d’ouvrir une enquête indépendante sur les activités du CNC.

L’organisation appelle également le gouvernement à s’assurer que toute détention soit conforme au droit congolais et aux normes internationales relatives aux droits humains.

Rappelons que Félix Tshisekedi avait créé le Conseil national de cyberdéfense en 2023 pour lutter contre la cybercriminalité.
Selon Human Rights Watch, cette structure serait désormais impliquée dans des arrestations et détentions de civils dans un contexte de fortes tensions politiques et sécuritaires liées au conflit dans l’est du pays.

Roberto Tshahe