Dans le cadre de leur coopération bilatérale, la République démocratique du Congo et le Royaume de Belgique mettent en œuvre plusieurs programmes, notamment celui relatif à l'agriculture familiale et à l'entrepreneuriat agricole et rural (AFE). Ce projet, mis en œuvre entre autres dans la province de la Tshopo depuis avril 2023, vise à améliorer la gouvernance et la performance économique, sociale et environnementale des systèmes alimentaires générateurs de sécurité alimentaire et de revenus, grâce à des agricultures familiales et entrepreneuriales résilientes et inclusives pour les jeunes et les femmes.
Dans le cadre du Résultat 1 dudit projet, qui consiste en l’amélioration des pratiques de gestion technique, économique et environnementale des exploitations agricoles familiales, l’Agence belge de coopération internationale (Enabel), en collaboration avec l’Inspection provinciale de développement rural (IPDR) et le Service national des coopératives et organisations paysannes (SNCOOP), a lancé, le 2 septembre 2024, un processus de structuration des coopératives de la Tshopo selon la loi OHADA.
Ce processus, qui a duré un an, a débouché sur la professionnalisation et la légalisation des 46 coopératives locales par leur immatriculation au registre national des sociétés coopératives. Ces dernières ont reçu officiellement leurs certificats d’immatriculation le jeudi 26 février dernier, lors d’une cérémonie organisée à Isangi.
Selon Prosper Ntema, chef de programme Enabel Tshopo, la remise des certificats à ces coopératives s’inscrit dans une stratégie multisectorielle visant à structurer l’agriculture dans la province de la Tshopo.
« Un certificat d’immatriculation ne symbolise pas seulement un document légal, il matérialise la structuration des coopératives et leur accès à des activités agricoles organisées. Ces coopératives doivent devenir de véritables entreprises capables de fournir des produits agricoles pour approvisionner les villes et participer à des échanges interprovinciaux », a-t-il déclaré.
À en croire Prosper Ntema, Enabel accompagne les coopératives sur trois axes : légalisation via les certificats d’immatriculation ; la formation à la gestion coopérative, à la gouvernance et au management économique ; et soutenir les coopératives pour produire, transformer et commercialiser efficacement.
Pour lui, ces initiatives illustrent la transformation de l’agriculture locale : « L'objectif est de former des opérateurs agricoles performants et professionnels, capables de développer des coopératives solides et d’apporter une réelle valeur à l’économie locale ».
Pour les bénéficiaires, ces certificats ne sont pas de simples documents.
« Ce certificat d’immatriculation nous permet de travailler légalement, d’être en règle avec l’administration et d’exercer nos activités même en dehors de notre province. Il nous donne une personnalité juridique officielle », a expliqué Dadoly Lelongo, président de la société coopérative de producteurs d'Opata, Losamo de Yakoko regroupant 425 producteurs de riz.
De son côté, Annette Otono Yalanga, de la coopérative SOCOMIS spécialisée dans la production de poivrons, tomates, piments forts et ciboulettes, a martelé sur le rôle concret de cette reconnaissance.
« Aujourd’hui, nous sommes libérés dans nos activités. Ces certificats nous ouvrent l’accès aux marchés locaux, nationaux et internationaux et facilitent notre développement », a-t-elle souligné.
Avec ces 46 coopératives désormais immatriculées, la province de la Tshopo franchit une étape majeure vers une agriculture structurée, inclusive et économiquement viable, tout en consolidant l’engagement d’Enabel à poursuivre son accompagnement technique et financier pour un impact durable.
Joseph Kipala, à Isangi