Des ressortissants des provinces du Maniema, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu ont annoncé, mercredi 4 mars à Kinshasa, la tenue prochaine du Conclave du Grand-Kivu. L’annonce a été faite au cours d’un échange avec les médias de la capitale congolaise.
Prévu du 9 au 11 mars 2026 à Kinshasa, ce conclave réunira des décideurs politiques, des leaders communautaires, des acteurs économiques, des représentants de la société civile, des experts ainsi que des membres de la diaspora autour des enjeux liés à l’avenir du Grand-Kivu.
Organisée sous le thème : « Unité, paix et développement durable pour le Grand Kivu », cette rencontre se veut un cadre « stratégique », d’échanges, de concertation et de formulation de recommandations pour renforcer « la stabilité, la cohésion sociale et le développement socio-économique» dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et du Maniema.
Membre de l’équipe du comité d’organisation et modérateur principal du conclave, l’abbé Jean-Marc Bosco Bahala a précisé les objectifs poursuivis.
« Un accent particulier sera mis sur l'appropriation nationale et communautaire des accords de Washington, considérés comme un levier important dans la dynamique de stabilisation et de consolidation de la paix. Le conclave entend favoriser une compréhension partagée de ces accords, encourager leur vulgarisation auprès des populations concernées et réfléchir aux mécanismes concrets de leur mise en œuvre effective au niveau local. L'objectif est de transformer les engagements diplomatiques en actions tangibles au bénéfice des communautés du Grand Kivu », a-t-il déclaré.
Il a également expliqué le choix de Kinshasa pour la tenue de ces assises.
« Nous, membres de la société civile du Grand Kivu, avons voulu organiser à Kinshasa, au siège des institutions, une rencontre citoyenne pour l’approbation des Accords de Washington et pour l’appropriation du processus de paix par nos populations des provinces qui sont actuellement victimes de l’agression : le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et le Maniema. Nous voulions poser ce geste dans la capitale, où se trouvent les institutions du pays, le gouvernement ainsi que les représentations diplomatiques. Nous voulions porter la voix de cette population, qu’elle dise comment elle a accueilli ces accords et quel contenu elle souhaite leur donner pour son bonheur et le retour de la paix dans l’Est », a-t-il indiqué.
De son côté, le président provisoire du conclave, Léon Watangabo, a affirmé que le moment est venu de mettre fin à la crise qui affecte la partie Est du pays, où des milliers d’habitants ont quitté leurs villages à cause de la guerre. Il a appelé les Congolais ayant pris les armes à « se rétracter et à demander pardon, afin d’affaiblir l’agression rwandaise en cette période où la balance internationale penche en faveur de la RDC ».
Selon les organisateurs, la journée du 9 mars 2026 sera consacrée aux formalités administratives, notamment l’inscription des participants, l’identification officielle ainsi que la validation des mandats et accréditations.
Les travaux proprement dits débuteront le 10 mars et se poursuivront jusqu’au 11 mars 2026. Au programme figurent des panels thématiques sur la paix et la sécurité, des ateliers consacrés à la gouvernance et au développement économique, des sessions dédiées à l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes ainsi que des discussions stratégiques avec des partenaires techniques et financiers.
À l’issue des assises, les participants entendent produire une déclaration finale assortie de recommandations et d’une feuille de route destinée à accompagner les autorités et les partenaires dans les efforts de paix, de cohésion sociale et de développement durable dans le Grand-Kivu.
Raphaël Kwazi