Les États-Unis ont annoncé lundi une nouvelle série de sanctions visant les Forces de défense du Rwanda (RDF) et quatre hauts responsables rwandais, accusés de contribuer à l’instabilité persistante dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC).
Dans un communiqué, le département du Trésor américain, par le biais de son Office of Foreign Assets Control (OFAC), a indiqué avoir inscrit sur sa liste de sanctions Stanislas Gashugi, Ruki Karusisi, Mubarakh Muganga, alias « MK Mubarkh », et Vincent Nyakarundi, tous basés à Kigali. Washington les accuse de participer, directement ou indirectement, à des activités alimentant le conflit dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
L’OFAC a également désigné l’ensemble des RDF, une mesure qui entraîne le gel de leurs éventuels avoirs aux États-Unis et interdit aux personnes et entités américaines toute transaction avec elles. Toutefois, l’agence a émis une « General License 1 », autorisant une période dite de « wind down », démantèlement progressif afin de permettre la cessation ordonnée des engagements en cours impliquant les forces rwandaises.
Ces sanctions interviennent dans un contexte d’escalade des violences dans l’est congolais, où les autorités américaines accusent Kigali de soutenir le mouvement rebelle Mouvement du 23 mars (M23), également appelé AFC/M23. Le Rwanda a, à plusieurs reprises, rejeté ces accusations.
Depuis la résurgence du M23, les combats ont provoqué d’importants déplacements de populations et ravivé les tensions diplomatiques dans la région des Grands Lacs. La communauté internationale a multiplié les appels au retrait des troupes rwandaises du territoire congolais et à la cessation de tout appui aux groupes armés.
Selon le Trésor américain, ces mesures visent à « accroître la pression économique » sur les acteurs impliqués et à entraver les réseaux de financement et de soutien logistique de la rébellion.
David Lupemba