Attaque par drones contre l’aéroport de Kisangani : un rapport d’Ebuteli met en doute les revendications de l'AFC/M23

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L’Institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence, Ebuteli, a publié, jeudi 18 février 2026, un rapport intitulé : « L’AFC/M23 se retire d’Uvira, la bataille se poursuit dans les airs », qui remet en question la responsabilité de l’AFC/M23 dans l’attaque par drones kamikazes contre l’aéroport international de Bangboka, à Kisangani, survenue début février.

Selon ce document, les engins utilisés – des modèles YIHA-III – disposent d’une portée maximale de 300 kilomètres, ce qui exclurait un lancement depuis les zones actuellement contrôlées par la rébellion.

Le rapport souligne que les positions de l’AFC/M23 se trouvent bien au-delà de ce rayon, « ce qui jette un doute sur la revendication des rebelles et ouvre la voie à d’autres hypothèses » quant à l’origine réelle de l’attaque.

« Dans la nuit du 31 janvier au 1ᵉʳ février, alors que les négociations entre l’AFC/M23 et le gouvernement congolais reprenaient timidement dans le cadre du processus de Doha, l'aéroport international de Bangboka, dans la ville de Kisangani, a été la cible d’une attaque par drones kamikazes. Aucun de ces engins n’aurait causé de dégâts aux installations des FARDC et de leurs alliés, selon des sources sécuritaires. Ces attaques, revendiquées par la rébellion de l’AFC/M23, visaient, selon les rebelles, le centre de commandement des drones de l’armée congolaise. Le modèle de drone utilisé (YIHA-III) suggère qu’ils n’ont pu être lancés qu’à moins de 300 km de l’aéroport, soit hors de la zone contrôlée par l’AFC/M23 », a-t-on lu.

En janvier 2026, Ebuteli a recensé au moins 234 incidents sécuritaires, soit une baisse de 28 % par rapport à décembre 2025. Les enlèvements, en revanche, sont en hausse. L’AFC/M23 et la Codeco sont responsables du plus grand nombre de ces incidents, visant souvent des civils accusés de collaborer avec leurs ennemis.

Les ADF ont poursuivi les tueries dans le territoire de Lubero, avec une intensification des violences dans le secteur de Baswagha. Dans la province de l’Ituri, les affrontements entre les FARDC et la CRP se sont également intensifiés.

Après le retrait de l’AFC/M23 de la ville d’Uvira, les combats se sont poursuivis dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, marqués par une recrudescence des frappes aériennes et l’utilisation de drones kamikazes visant notamment l’aéroport de Kisangani.

Raphaël Kwazi