L’élection du gouverneur et du vice-gouverneur de la province du Sankuru, initialement prévue le 24 mars 2026, semble de plus en plus compromise. À quelques semaines de l’échéance, les incertitudes persistent, nourries par l’absence de réponse favorable du pouvoir central à une demande cruciale de l’Assemblée provinciale.
En effet, le Bureau de l’Assemblée provinciale du Sankuru avait sollicité auprès de Kinshasa la mise à disposition des fonds nécessaires à la convocation d’une session extraordinaire, condition indispensable à l’organisation du scrutin. Ces moyens financiers devaient notamment permettre le transport des députés provinciaux vers Lusambo, chef-lieu de la province, ainsi que le fonctionnement logistique de la session, conformément aux usages en vigueur lors de ce type de réunions.
Cette requête est restée sans suite favorable. Selon une correspondance signée par le directeur de cabinet du vice-premier ministre et ministre de l’Intérieur, Jacquemin Shabani, il se constate des difficultés d’ordre logistique ne permettant pas de respecter le calendrier électoral publié par la Commission électorale nationale indépendante (CENI).
Face à cette situation, le ministre de l’Intérieur annonce son intention de saisir la CENI afin d’envisager un réajustement du calendrier, avec la perspective d’organiser l’élection après l’ouverture de la prochaine session ordinaire prévue le 30 mars 2026.
Cette position de Kinshasa suscite toutefois des critiques au niveau provincial. Un député du Sankuru, interrogé par 7SUR7.CD déplore une attitude qu’il juge peu compréhensible. Selon lui, le montant sollicité par l’Assemblée provinciale était relativement modeste et ne justifiait pas un tel blocage, d’autant plus que la province attend depuis plusieurs mois la mise en place d’un exécutif provincial régulier.
Pour rappel, le Sankuru est dirigé par un exécutif intérimaire depuis la destitution du gouverneur Victor Kitenge Kanyama, intervenue le 26 mai 2025 à l’issue d’une plénière de l’Assemblée provinciale tenue à Lusambo. Depuis lors, l’intérim est assuré par le vice-gouverneur, Martin Issipia.
Alain Saveur Makoba, à Kananga