Dans un contexte où le football congolais demeure fragilisé par des crises de gouvernance récurrentes, la question des profils capables de contribuer à une reconstruction crédible se pose avec insistance. Parmi les noms évoqués dans les milieux sportifs figure celui d’Olivier Safari Kabéné, actuel président de la Commission des arbitres de la Confédération africaine de football (CAF).
Ancien arbitre international FIFA durant plus d’une décennie, Olivier Safari a officié lors de plusieurs compétitions majeures, notamment trois Coupes d’Afrique des nations (2017, 2019 et 2022), ainsi que de nombreuses rencontres à fort enjeu dans les compétitions interclubs africaines. Son parcours l’a ensuite conduit vers des fonctions de gestion, notamment au sein de l’UNIFFAC, avant son accession à la tête de la Commission des arbitres de la CAF.
Depuis la CAN 2025, l’arbitrage africain fait l’objet de critiques soutenues, alimentant une polémique persistante autour de certaines décisions et de la cohérence globale du corps arbitral. En tant que responsable du département concerné à la CAF, Olivier Safari se retrouve indirectement associé à ces débats, même si ceux-ci dépassent largement les responsabilités individuelles et relèvent de problématiques structurelles plus larges.
C’est dans ce climat contrasté que son nom est cité en RDC comme l’un des profils susceptibles d’être envisagés pour l’avenir de la Fédération congolaise de football (FECOFA), placée sous normalisation de la FIFA depuis avril 2023. Pour ses partisans, son expérience au sein des instances continentales et sa connaissance des exigences de la CAF et de la FIFA constituent des atouts à considérer dans une phase de reconstruction institutionnelle.
Sans être présenté comme une solution unique, Olivier Safari Kabéné illustre surtout un paradoxe souvent relevé : alors que la FECOFA peine à retrouver une stabilité durable, un Congolais occupe une fonction stratégique au sommet du football africain. Son éventuelle implication future dans la gestion du football national demeure, à ce stade, un sujet de débat, renvoyant plus largement à la capacité du pays à s’appuyer sur des compétences reconnues, tout en tenant compte des critiques et des attentes actuelles du milieu sportif.
Gede Luiz Kupa