Des réactions fusent de partout après l'annonce d'une pétition en gestation contre le deuxième vice-président du Sénat, Modeste Bahati Lukwebo, pour avoir dit non à la révision constitutionnelle.
Contacté par 7SUR7.CD, ce vendredi 06 mars 2026, l'opposant Emery Okundji s'est dit indigné par l'acharnement contre Bahati Lukwebo. Il a alerté sur le risque d’une instauration « forcée de la dictature et de la pensée unique ».
« En ce qui nous concerne, nous sommes totalement indignés des réactions qui s’abattent contre le vice-président du Sénat, l’honorable Bahati Lukwebo. Comme vous le savez, en démocratie, il doit y avoir une véritable confrontation des idées et des programmes. Mais lorsque l’on ne supporte plus cette confrontation des idées, on se dirige tout droit vers une dictature, vers la pensée unique. Le professeur Bahati Lukwebo n’a fait qu’exprimer en toute liberté ses idées sur la Constitution de la République démocratique du Congo. Cela ne doit pas être une occasion de le juger d’office coupable, surtout qu’il parlait d’une question qui concerne la nation tout entière et dont une grande majorité est pour la préservation de nos acquis démocratiques », a déclaré Emery Okundji.
Et de poursuivre :
« Nous n’accepterons plus jamais dans ce pays que la pensée, la parole et les actions d’un homme deviennent force de loi. Il nous faut absolument sortir de cette logique mortifère de la radicalité politique sur une question qui nécessite l’adhésion de tous.»
Par ailleurs, Okundji a apporté son soutien au président de l’AFDC-A, en évoquant la constitutionnalité de sa position.
« Dans la Constitution du 18 février 2006, telle que modifiée par la loi n° 11/002 du 20 janvier 2011, nous devons éviter de remettre en cause notre volonté commune de bâtir, au cœur de l’Afrique, un État de droit et une nation puissante et prospère, fondée sur une véritable démocratie politique, économique, sociale et culturelle », a-t-il conclu.
Une pétition est déjà en marche et des signatures sont en train d’être récoltées pour éjecter Bahati Lukwebo du bureau de la Chambre haute du Parlement, dans lequel il occupe le poste de deuxième vice-président.
Roberto Tshahe