Criminalité à Butembo : un policier et un civil tués en une nuit, au moins 92 assassinats et meurtres enregistrés en 2025

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Deux personnes, dont un policier et un civil, ont été tués par des hommes armés en ville de Butembo (Nord-Kivu) dans la soirée du mercredi 7 janvier dernier.

La première victime, Muhindo Tebeka Destin, un jeune du quartier Mutiri, en commune de Bulengera, a été ciblé par ses bourreaux vers 19 h 10 près de son domicile. Malgré les tentatives de le ramener à la vie, la victime n'a pas survécu à ses blessures.

"Des hommes armés circulant à moto et armés ont tiré à 2 reprises sur le jeune homme avant de s'emparer de sa moto bodaboda. Transporté dans une structure sanitaire, Muhindo Tebeka n'a pas survécu malgré sa prise en charge médicale", témoigne John Kameta, président de la société civile de Bulengera.

Quelques minutes plus tard, vers 20h, un autre assassinat a été déploré à Lusando, en commune de Mususa. Le nommé Mbusa Ngike, policier très réputé dans la ville, ancien de la Police de circulation routière (PCR) déjà affecté à l'unité de prévention des crimes économiques et du blanchiment des capitaux, a, lui aussi, été victime d'une attaque d'hommes armés non identifiés.

"Les armes sont en libre circulation du fait du phénomène Wazalendo à Butembo et Lubero", se désole un internaute, inquiet du regain des violences dans la ville et ses environs.

Face à la menace, le gouverneur militaire du Nord-Kivu a effectué une descente à Butembo ce jeudi 8 janvier où il a convoqué un conseil provincial de sécurité élargi au commandant des opérations Sokola 1, aux maires, aux administrateurs des territoires et aux autorités judiciaires dans l'objectif de juguler la crise.

Ces assassinats sont ainsi notés en début d'année 2026 alors que l'année précédente a aussi été ensanglantée. Dans un rapport synthèse publié mercredi 7 janvier par le Réseau pour les droits de l'homme (REDHO), il est établi qu'au moins 92 cas de meurtres et assassinats ont été documentés au cours de l'année 2025 dans la ville.

Parmi les victimes, l'ONGDH dénombre 76 hommes et 16 femmes, certaines ayant été tuées dans une justice populaire. D'autres crimes recensés comprennent des assassinats par armes blanches, par balle, des décapitations ainsi que des morts à la suite d'attaques armées et de règlement des comptes.

"Certaines victimes ont été tuées lors d'incursions nocturnes, d'autres dans leurs champs ou même à leurs domiciles", explique à 7SUR7.CD, maître Muhindo Wasivinywa, coordonnateur du REDHO.

Par ailleurs, ce dernier attire l'attention sur la situation dramatique sur l'axe Butembo-Manguredjipa, dans le territoire de Lubero où il affirme que plus de 540 personnes ont été massacrées dans 39 villages au cours de la même année.

Isaac Kisatiro, à Butembo