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Lors du lancement de la campagne mondiale des 16 jours d’activisme pour mettre fin aux violences faites aux femmes, le Coordonnateur humanitaire de l' OCHA, M. David McLachlan-Karr, a indiqué mercredi 25 novembre, qu'au premier semestre 2020, le nombre de cas déclarés de violences basées sur le genre (VBG) a significativement augmenté de 57 % en République démocratique du Congo.
Le nombre de cas est passé de 26 908 cas contre 17 105 à la même période en 2019. D'après OCHA, ces chiffres sont sans doute bien en deçà de la réalité, car beaucoup de cas ne font pas l’objet de dénonciation.
Ainsi, il a appelé à la mobilisation de tous les acteurs afin de continuer cette lutte pour que les femmes et les filles, où qu’elles soient en RDC, se sentent en sécurité.
"Je suis très préoccupé par la dégradation de la situation de ces milliers de femmes et filles congolaises qui continuent à subir toutes formes de violences. Ceci est inacceptable. Les violences, d’où qu’elles viennent, doivent cesser et les survivantes doivent pouvoir accéder aux soins de santé adéquats, à une assistance psychosociale, à un accompagnement juridique et judiciaire, ainsi qu’à la réinsertion socio-économique ou scolaire", a déclaré M. McLachlan-Karr.
Le Nord-Kivu, avec 10 909 cas est en tête des provinces les plus touchées par les violences basées sur le genre, suivie du Sud-Kivu, 3 365 cas et de l’Ituri 2478 cas.
La détérioration de la situation sécuritaire et les relations de pouvoir inégales entre hommes et femmes au sein de la société en RDC, exacerbées par les mesures de prévention pour faire face au COVID-19 ont contribué à l’intensification des cas des violences basées sur le genre au pays.
Selon les chiffres livrés par OCHA, au cours du premier semestre 2020, 25 % des survivantes de VBG ont disposé d’une prise en charge médicale, 5 % d’une assistance psychosociale, 15 % d’une assistance juridique et seulement 0,5 % ont pu bénéficier d’une réinsertion socioéconomique.
La campagne mondiale des 16 jours d’activisme a débuté
le 25 novembre lors de la journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes et prendra fin le 10 décembre prochain.
Pour OCHA, la fin de la campagne ne signe pas la fin de la lutte contre les violences faites aux femmes. Il faudra continuer ce travail que nous menons depuis des années, pour la prise en charge des survivantes de violences basées sur le genre, mais aussi pour sensibiliser et mettre en place des mécanismes de protection afin d’éradiquer ces crimes.
Ange Makadi Ngoy