La VSV dénonce : La démocratie menacée par des tentatives de restauration de la pensée unique

Jeudi 1 octobre 2015 - 14:48

Au vu des soubresauts enregistrés présentement dans le champ politique congolais, les espoirs semblent s’en voler pour l’avènement d’un Etat de droit.

Au cours d’un point de presse organisé hier mercredi 30 septembre ù son siège; I’ONGDH « La Voix des Sans Voix pour les droits de l’Homme (VSV)» s’est déclaré préoccupée par la situation politique de l’heure en République démocratique du Congo ; situation caractérisée par l’intolérance politique et le manque d’élégance dans les propos de certains cadres et ‘membres de la Majorité présidentielle (MP) à l’égard de sept chefs et responsables des partis politiques ayant été exclus de la plateforme au Pouvoir. Cela, pour avoir exigé, à travers une lettre adressée au président de la République le lundi 14 septembre 2015, le respect absolu de la Constitution de la RDC et de l’alternance politique en 2016.

Il s’agit des partis politiques .ci-après le Mouvement social pour le renouveau (MSR), l’Alliance pour le renouveau du Congo (ARC), le Parti démocrate chrétien (PDC), l’Union nationale des fédéralistes du Congo (UNAFEC), l’Avenir’ du Congo (ACO), l’Upion nationale des démocrates fédéralistes (UNADEF), le Mouvement solidaire pour la démocratie et le développement (MSDD) dont les chefs des partis politiques ont été inquiétés et humiliés d’une façon d’une autre.

Cette organisation note: «Malgré les fonctions officielles importantes qu’ils ont exercées en RDC, MM. Charles Mwando Nsimba (ancien 1er vice-président de l‘Assemblée nationale), Olivier Kamitatu (ancien ministre du Plan), (Gabriel Kyungu wa Kumwanza (président de l’assemblée provinciale du Katanga), Christophe Lutundula (député national), Pierre Lumbi (ancien conseiller spécial du chef de l‘Etat en matière de sécurité), ... continuent de payer le prix de leur liberté d expression, d‘opinion et à être vilipendés, dénigrés, menacés après que la plupart d’entre eux aient été révoqués ou contraints à la démission de leurs fonctions ».

Elle fait remarquer que les bureaux de l’ancien ministre du Plan, M. Olivier Kamitatu et de l’ancien 1er vice-président de l’Assemblée nationale, M. Charles Mwando Nsimba, auraient été scellés et encerclés par de nombreux policiers; la résidence du député national Christophe Lutundula a été encerclée et l’équipement de la station de radio appartenant à ce dernier a été saisi par le responsable de l’ANR à Katako Kombe, province du San kuru (dans l’ex-province du Kasaï Oriental), le président de l’assemblée provinciale du Katanga, M. Gabriel Kyungu wa Kumwanza a été dépouillé de sa garde rapprochée alors qu’il exerce encore sa fonction.

Pour la VSV, toutes les personnalités ayant exercé des fonctions officielles doivent être impérativement protégées, sécurisées et respectées, comme sous d’autres cieux, en tout temps et en toutes circonstances, non seulement pour leur contribution à la gestion de la chose publique, mais également en tant que détentrices de certains secrets d’Etat, et ce, quelles que soient les divergences qui les opposent aux gouvernant actuels de la RDC.

La RDC, propriété des tenants du pouvoir !

De même, tous les officiels, notamment les députés nationaux, sénateurs, ministres, maires de ville, qui se sont déclarés solidaires avec les chefs de leurs partis politiques en démissionnant ou en faisant des déclarations publiques de soutien à leurs « autorités morales » doivent être sécurisés et ne peuvent nullement faire l’objet de menaces ni contre eux-mêmes, ni contre leurs membres de familles et proches ainsi que leurs biens. La VSV demande également aux partis politiques dont certains membres se sont désolidarisés de la position de leurs autorités morales de considérer cela comme une expression de la démocratie qui veut que toute personne jouisse de la liberté de choix.

La VSV en a profité pour dénoncer également les tentatives de la restauration de la pensée unique pressenties lors de la chasse contre d’autres membres des partis au pouvoir qui s’étaient prononcés contre la révision de la Constitution de la RDC et contre un troisième mandat du chef de l’Etat Joseph Kabila. C’est1e cas notamment de Jean-Claude Muyambo, Vano Kiboko, Francis Kalombo,... La liberté d’expression a coûté aux deux premiers l’arrestation suivie de la condamnation sous divers prétextes et à Francis Kalombo l’exil forcé.

Cependant, la VSV fustige et condamne fermement la fragilisation de In démocratie en RDC à travers la déstabilisation de certains partis politiques par le pouvoir de Kinshasa en pratiquant le débauchage en échange des postes juteux.

En outre, la VSV dénonce les discours de certains membres de de la Majorité au pouvoir qui s’attaquent aux anciens membres exclus de la MP de s’en être détournés après qu’ils aient profité de leurs postes, comme si la RDC était la seule propriété de ceux qui sont au pouvoir et qui choisissent les autres gouvernants pour leur permettre de profiter ensemble de la RDC au grand dam de la population congolaise.

Elle en appelle aux autorités congolaises d’être ouvertes aux points de vue divergents et surtout de se mettre à l’écoute bienveillante des Congolaises et Congolais en vue de contribuer tous à l’unisson, à la consolidation de la démocratie et à l’avènement de l’Etat de droit en RDC.

En définitive, la VSV exige des autorités de la RDC la sécurisation, sans faille, de tous les responsables et membres du G7, de tous les membres de l’Opposition politique congolaise, les défenseurs des droits humains ainsi que les journalistes, quels que soient leurs points de vue divergents quant au déroulement du processus électoral et à la gestion de la chose publique en RDC ; ainsi que la restitution immédiate et sans condition de l’équipement de la radio appartenant à l’honorable Christophe Lutundula à Katako Kombe, province de Sankuru.

Par Donatien NGANDU MUPOMPA