La démission, dimanche 11 octobre, du président de la CENI, l’Abbé Apollinaire Malumalu, continue d’alimenter les conversations dans le microcosme politique congolais. Dans un micro baladeur, votre quotidien a approché quelques personnalités, élus du peuple pour la plupart, pour savoir ce qu’elles en pensent. Morceaux choisi
Justin Bitakwira, député UNC, élu d’Uvira : " Il est temps de refondre la CENI "
Monsieur l’Abbé MaluMalu d’abord est un ami personnel. Je suis vraiment malheureux qu’il soit atteint d’une maladie qui ne lui permet pas de recouvrer la santé au moment opportun… J’ai été parmi les négociateurs de la restructuration de la Ceni. J’étais alors président du Groupe parlementaire UNC et Alliés. Je crois que la Ceni a perdu toute la saveur politique, technique... Elle est devenue impuissante face aux enjeux. D’ailleurs, on devrait la traduire en justice. Elle a pondu un calendrier qu’elle n’a pas respecté. Elle a fait enrôler des candidats, alors que nous serions en pleine campagne électorale. Elle n’a dit mot. Elle a encaissé des fonds des gens : 250 mille dollars, multipliés par 20 à 30 mille candidats… Il est temps de refondre ou même de nettoyer la Ceni. Je crois que le moment est arrivé. J’ai un combat…avoir une Ceni identique : 6 membres de la Majorité, 4 de l’opposition et 3 de la société civile, pas uniquement à Kinshasa… Cette Ceni devrait se calquer même en province, dans les circonscriptions électorales au même modèle…
Clément Kanku Bukasa, député UN : " Remplacez vite l’Abbé Malu Malu"
Nous allons demander qu’on remplace le Président qui vient de démissionner. Ça fait longtemps que nous avions demandé que la Ceni soit réellement réformée. Qu’il ait une reconfiguration au niveau de la Ceni. Nous pensons qu’il y aura une forte réflexion à faire sur le fonctionnement même de la Ceni, parce que nous avons souvent l’impression qu’il y a navigation à vue au niveau de cette institution…Nous avons l’impression qu’il y a un petit couac au niveau de la Ceni. Mais, il faut remplacer vite l’Abbé Malu Malu pour revenir sur les équilibres qu’on s’était déjà convenu, c’est-à-dire le Président qu’il soit réellement de la société civile et que les autres forces se retrouvent. Je penseque nous allons corriger un certain nombre de chose pour arriver à cet équlibrage qui va nous permettre d’évoluer mais je pense qu’il a une forte réflexion sur la réforme de l’ensemble de la Ceni.
André Claudel Lubaya, député UNC : Malu Malu aurait dû remettre la démission du bureau
La Ceni n’avait plus de bureau. L’Abbé Malu Malu aurait dû remettre la démission du bureau, pas la tienne. Il aurait dû remettre la démission du bureau pour la simple raison qu’aujourd’hui le bureau est complètement prostitué, inféodé à la Majorité, de sorte qu’elle est incapable de publier ou d’élaborer un calendrier. Et donc, le bureau n’existant pas depuis quelque temps, l’Abbé Malu Malu aurait pu être juste en remettant la démission de tout le bureau pour permettre au personnel politique de se retrouver pour en désigner un nouveau. La loi prévoit que la composante à laquelle il appartenait se réunisse et désigne quelqu’un d’autre.
John Kolela, député UDPS : " Rappelez le candidat de l’Eglise catholique"
Je souhaite d’abord bonne guérison. C’est un citoyen de ce pays qui nous a rendu service. Le problème qu’il y a, c’est que le président a démissionné. Problème : est-ce que c’est tout le bureau qui tombe ou est-ce le président seul qui va partir ? Si c’est le président seul qui va partir, je pense que l’Eglise Catholique avait proposé un candidat en son temps qui a été dribblé. Je pense que c’est le moment d’accorder la place qui revenait à l’Eglise catholique, de sorte que le Monsieur qui avait été proposé puisse prendre des dispositions pour qu’il n’y ait pas de retard dans l’organisation des élections.Propos recueillis par Didier KEBONGO