Le week-end dernier, l’Université populaire s’est transportée à la FIKIN
Après la série de tribunes de hautes factures, Adolphe Muzito met le curseur sur l’Université populaire. En somme, le premier Ministre Honoraire entend impliquer la population dans le débat citoyen sur la gestion de la Res publica. Samedi 10 octobre, la caravane Muzito s’est arrêtée à la FIKIN. Quatre orateurs pour vulgariser de thèmes politiques et assurer le service après vente des tribunes
L’Université populaire, initiée par l’élu de Kikwit, Adolphe Muzito, a connu samedi 10 octobre à la FIKIN, une deuxième séance de sensibilisation. Ce, après celle de la fois dernière organisée au quartier Mpasa dans la commune de la N’Sele. A cette occasion, les organisateurs ont appelé la population kinoise à agir avec responsabilité.
Premier orateur du jour, le professeur Kalele s’est penché sur le thème : " Contribution des partis politiques : l’avènement de la démocratie et du développement ". Avant de développer ce sujet, l’orateur a donné les précisions sur le concept " Université populaire ". Selon lui, l’Université populaire, est une formation qui n’intéresse pas seulement l’élite, mais elle vise aussi le peuple.
Revenant sur son thème, l’opposant Kalele l’a développé sur trois points, à savoir, le message de François Mitterrand, les vérités de Mungul Diaka et l’Ecole burkinabée. S’agissant du message de François Mitterrand, il a rappelé que l’ancien président français, lors de la rencontre avec les présidents africains, tenue en France à La Baule, a déclaré : " Il n’y a pas de démocratie sans développement ". Comme il n’y a pas de développement sans démocratie ". Et Matthieu Kalele s’interroge : " Est -ce que la RDC qui est pays démocratique, est-il développé ? D’après Kalele , tout ce que le président Mittérand a dit, il faut le nuancer. Tout pays peut être dans la démocratie mais pas développé. Le cas du Congo-Kinshasa est illustratif. " Car notre pays, souligne-t-il, se classe à l’avant dernière place des Etats sous-développés.
DES VERITES DE MUNGUL DIAKA
Le conférencier a rappelé qu’à travers ses blagues, Mungul Diaka parlait de changement des chauffeurs mais le véhicule restait toujours en panne. Selon lui, le seul fait qu’on change des dirigeants ne signifie pas que nécessairement on avance. " Si les systèmes politiques restent les mêmes, même si nous changions les personnes, ce sont les mêmes gens qui vont se servir ", a -t-il soutenu. Avant d’alerter l’assistance : " Si on ne fait pas attention notre pays va reculer ".
L’orateur a indiqué que l’Ecole burkinabèe tire sa source de Thomas Sankara. Car, dit-il, celui-ci travaillait pour le peuple. La population du Burkina Faso avait confiance en elle-même. Cette situation a donné naissance à celle que nous vivons actuellement dans ce pays. L’exemple du troisième mandat de l’ancien président Blaise Compaoré ayant conduit à sa fuite est éloquent. Mais également le dernier coup d’Etat démontre comment le peuple burkinabé a pris lui-même son destin en mains, en rejetant cette aventure qui allait faire revenir la dictature décriée.
" Si nous voulons un changement pour la RDC, dit-il, nous avons le devoir de transformer notre classe politique, nous devons agir sur la population congolaise à travers l’éducation qu’elle soit responsable ". Le Pr Kalele a conclu que tenant compte de l’exemple burkinabè, tout parti politique devrait voir la masse populaire.
LES ATOUTS DE KINSHASA
Jacques Fumunzanza s’est appesanti sur la sixième tribune d’Adolphe Muzito, intitulée : " Kinshasa : L’enfer au paradis ". Ici, l’orateur a donné l’aperçu historique de la ville de Kinshasa, ses potentialités. Pour lui, l’auteur a souligné que malgré les conditions de vie de la plupart de ses habitants qui, à tort ou à raison, estiment vivre dans l’enfer, Kinshasa a donc des atouts qui sont de véritables dons du ciel. Lesquels feront de cette ville un paradis et seulement si lesdits atouts sont exploités à bon escient dans le cadre d’un plan d’urbanisation à mettre en œuvre. Ces atouts sont la population, la superficie, la densité. S’agissant des besoins de sa population, Jacques Fumunzanza a cité l’emploi, le transport, les loisirs.
Troisième à intervenir au cours de cette Université populaire, Me Steve Kivuata qui a abordé également la Sixième Tribune de l’ancien Premier ministre Adolphe Muzito, relevant les faiblesses de la ville de Kinshasa. D’après lui, en dépit de ses potentialités économiques, démographiques, géographiques et écologiques, Kinshasa affiche beaucoup de faiblesses dues essentiellement à des facteurs à savoir : la répartition spatiale déséquilibrée de sa population, la prise en charge déséquilibrée de la population du point de vue administratif et sécuritaire ; la distribution déséquilibrée des infrastructures sociales et économiques, le chômage et la qualité des emplois. Chacun de ces 4 facteurs a des effets néfastes sur la situation sociale, écologique et humanitaire de la population kinoise.
Quant à Kinshasa, l’Enfer aujourd’hui et demain, Steve Kavuata déclare que par rapport à d’autres grandes métropoles du monde, Kinshasa affiche une bonne densité (1.200 hab/km2). Cependant, constate-t-il, Kinshasa est caractérisée par une mise en valeur quasi-nulle et une urbanisation déséquilibrée, qui fait que la majorité des communes (22 sur les 24) fort peuplées, sont installées sur les 10% de son territoire et ont des densités dépassant la norme.
Dernier à intervenir au cours de cette manifestation, Fumuntoto, a fait savoir que la ville de Kinshasa a un problème d’hommes et de culture. Selon lui, les partis politiques doivent contribuer au réveil de la population congolaise. Alfred LUKAMBIL