Rocade de Kinshasa : le CNPAV plaide pour la transparence dans la gestion du projet

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Le consortium Le Congo n’est pas à vendre (CNPAV), une coalition de la société civile congolaise engagée dans la gouvernance, a organisé, ce vendredi 16 octobre 2026, une tribune d’expression populaire dans le cadre du projet « Améliorer la gouvernance financière de la RDC, tant en matière de collecte des ressources internes que de gestion des dépenses ».

À cette occasion, le Centre de recherche et d’études évaluatives de l’Université de Kinshasa (CREEUK) a présenté son rapport d’évaluation à mi-parcours du projet de construction de la rocade sud-ouest et sud-est de Kinshasa, financé sur fonds propres. Cette infrastructure de 73 kilomètres relie Mbudi à l’aéroport international de N’djili.

Le projet répond à un besoin socio-économique : désenclaver certains quartiers et fluidifier le trafic dans la ville-province de Kinshasa et sa périphérie.

D’une longueur totale de 73 kilomètres, la rocade représente un investissement estimé à 395 938 104 dollars américains, entièrement pris en charge par la Sicomines. Une enveloppe supplémentaire de 19 500 000 dollars est prévue pour indemniser les populations riveraines affectées par les expropriations. Selon le Plan national stratégique de développement, les travaux sont programmés sur la période 2024-2028.

À l’issue de son évaluation, le CREEUK formule plusieurs recommandations visant à améliorer la mise en œuvre du projet, à renforcer la transparence et à limiter ses effets négatifs sur les populations riveraines.

Parmi les priorités figure l’introduction d’une demande formelle d’accès à l’information auprès de l’Agence congolaise des grands travaux (ACGT), du ministère des Infrastructures et Travaux publics et de la mission de contrôle.

Le rapport recommande également de redimensionner le réseau d’assainissement avant la saison des pluies, de renforcer le mécanisme de gestion des plaintes des personnes affectées par le projet et de faire vérifier de manière indépendante les conditions de travail et de sécurité sur les tronçons en chantier.

Le rapport formule notamment les recommandations suivantes :

- Faciliter l’accès à l’information : introduire une demande formelle auprès de l’Agence congolaise des grands travaux, du ministère des Infrastructures et Travaux publics et de la mission de contrôle. Cette démarche constitue un préalable à une évaluation formative complète du projet.

- Améliorer l’assainissement : redimensionner en urgence le réseau sur les tronçons concernés avant la saison des pluies, notamment en remplaçant les buses métalliques sous-dimensionnées et en corrigeant les caniveaux non conformes aux normes requises.

- Renforcer la gestion des plaintes : mettre en place un mécanisme accessible et formalisé par écrit, prévoyant la délivrance systématique d’un accusé de réception aux personnes affectées par le projet.

- Contrôler les conditions de travail et la qualité des ouvrages : diligenter une vérification indépendante par l’Inspection du travail et la mission de contrôle afin d’examiner les conditions de sécurité et de rémunération des travailleurs, ainsi que la conformité des ouvrages d’art, y compris les allégations rapportées au chapitre IV du rapport.

- Financer les voiries de raccordement : planifier et financer les voies d’accès, communément appelées « pénétrantes », vers les quartiers riverains afin de garantir le désenclavement effectif des zones concernées.

- Assurer l’entretien de l’infrastructure : doter l’Office des voiries et drainage (OVD) d’un budget pérenne consacré au curage préventif, une mesure que plusieurs ingénieurs jugent déterminante pour garantir la durabilité de la rocade.

- Renforcer la sécurité routière : installer des équipements adaptés aux piétons et aux usagers de la route, notamment des passerelles, des dalles de couverture des caniveaux, des arrêts de bus aménagés et une signalisation appropriée aux points de forte densité identifiés.

- Soutenir l’emploi local : mettre en place un dispositif d’accompagnement à l’emploi local et à la réinstallation économique des vendeurs affectés, distinct du seul processus d’indemnisation foncière.

- Protéger la chaussée contre les surcharges : installer des stations de pesage par essieu dès la mise en service de la rocade afin de limiter les dégradations causées par les véhicules lourds en provenance de la route nationale n° 1.

- Tirer les leçons du projet : capitaliser les enseignements de cette expérience pour préparer les futurs grands chantiers d’infrastructure en République démocratique du Congo, notamment en matière de sauvegarde sociale et de contrôle indépendant de la qualité des travaux.

Linda Lusonso