Nord-Kivu : à Butembo, les opposants de la C64 absents dans les rues malgré leur appel à manifester et à assiéger la résidence d'une députée

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La manifestation annoncée par la coalition de l’opposition C64 n’a finalement pas eu lieu ce mardi 15 septembre à Butembo (Nord-Kivu). Alors que les responsables de cette plateforme avaient appelé leurs partisans à descendre dans les rues et à se rendre à la résidence de la députée nationale Jeannine Katasohire, aucun rassemblement de la coalition n’a été constaté dans la ville.

La C64 avait pourtant annoncé cette action plusieurs jours avant la date retenue pour la manifestation. À Butembo, les opposants avaient choisi la résidence de Jeannine Katasohire comme point de chute, contrairement à Kinshasa où les manifestants devaient se diriger vers le Palais du peuple. La députée, qui se trouvait encore à Butembo au moment de l'annonce pour les vacances parlementaires, devait, selon les opposants, être interpellée notamment sur le projet de loi relatif au référendum.

Les responsables de la C64 à Butembo avaient également annoncé leur intention de lui demander des explications sur le soutien de certains élus au projet de loi sur le référendum. Ils estimaient que cette démarche ne correspondait pas aux priorités du pays, notamment dans un contexte marqué par l'instabilité sécuritaire dans l’Est de la RDC. La mairie de Butembo a, de son côté, refusé de donner son feu vert à la marche et au sit-in projetés, en invoquant notamment la situation épidémiologique liée à la maladie à virus Ebola.

Interrogé par 7SUR7.CD, Joseph Safari Akayesu, point focal de la C64 à Butembo, explique que la coalition a finalement décidé d'ajourner sa manifestation au dernier moment. Selon lui, cette décision est notamment liée aux informations faisant état d’une possible infiltration de leur rassemblement par des personnes qui auraient cherché à provoquer des troubles et à faire porter la responsabilité de ces incidents aux organisateurs.

« Nous avons été informés qu'il y avait un groupe de gens qui voulaient infiltrer la manifestation pacifique pour vouloir faire porter le chapeau à la C64. Nous n'avons pas voulu que cela passe de cette manière là. La C64 n'a aucun problème avec l'honorable Katasohire ni même avec d'autres élus. D'autant plus qu'ils ont voté une loi que nous considérons comme suicidaire pour la République qui prépare la balkanisation de notre pays et faire un 3e mandat à Félix Tshisekedi, comme les députés ne veulent pas venir nous expliquer le bien-fondé de ces démarches, nous avons décidé d'aller vers eux pour nous expliquer leur vraie motivation », explique le Katumbiste.

Safari Akayesu évoque également la situation sanitaire liée à Ebola comme un autre élément ayant sous-tendu à la décision du report in-extremis de la manifestation. Les opposants estiment que, même s’ils contestent la compétence du maire à autoriser ou à interdire une manifestation, ils ne pouvaient pas ignorer les risques liés aux rassemblements dans une ville touchée par l’épidémie. Ils disent avoir privilégié la protection de la vie humaine afin d’éviter que leur manifestation puisse contribuer à la propagation de la maladie.

Mais, avant cette décision, la mairie de Butembo avait officiellement répondu à la demande des opposants. Dans sa correspondance, l’autorité urbaine avait rappelé la situation sanitaire dans la ville et appelé au respect des mesures sanitaires, estimant que les rassemblements annoncés à travers la marche et le sit-in à la résidence de Jeannine Katasohire n’étaient pas opportuns.

A l'instar d'autres villes du pays, la C64 avait inscrit cette manifestation dans le cadre de son appel national du 15 septembre. À Butembo, elle devait notamment permettre aux opposants de présenter leurs revendications à la députée nationale présente dans la ville. Cependant, la veille, certains autres élus de la région, avaient, pour leur part, apporté leur soutien à Jeannine Katasohire et rejeté les accusations liées à un éventuel changement de la Constitution, arguant que cette question n’était pas inscrite à l’agenda de l’Assemblée nationale.

Isaac Kisatiro, à Butembo