Les organisations de défense des droits humains Justicia ASBL et l’Institut de recherche en droits humains (IRDH) demandent que John Mbangu, coordonnateur provincial de la ligue des jeunes du parti Ensemble pour la République, interpellé le week-end dernier à Lubumbashi, soit déféré devant les instances judiciaires.
Les deux organisations l’ont déclaré à l’issue d’une rencontre avec le directeur provincial de l’Agence nationale de renseignements (ANR) du Haut-Katanga, à Lubumbashi, ce mardi 8 septembre 2026. Cette démarche fait suite à une alerte lancée par la famille de John Mbangu, arrêté vendredi dernier alors qu’il revenait d’une réunion du directoire de son parti.
Selon Me Timothée Mbuya, de Justicia ASBL, qui s'est exprimé à 7SUR7.CD, cette rencontre avec les services de renseignements avait notamment pour objectif de vérifier la situation de l’opposant, dont la famille était sans nouvelles.
« Ce qui nous a amenés à l’ANR au Haut-Katanga aujourd’hui, c’est une alerte qui nous a été faite par la famille de l’opposant John Mbangu, militant au sein du parti Ensemble pour la République. L’ANR/Haut-Katanga confirme effectivement que John Mbangu est bel et bien vivant et il est pour le moment en détention dans le cachot de l’ANR », a déclaré Me Timothée Mbuya.
De son côté, Me Hubert Tshiswaka, coordonnateur de l’IRDH, a indiqué à 7SUR7.CD que le directeur provincial de l’ANR leur a expliqué que John Mbangu était détenu pour des « motifs politiques ».
« Nous avons été reçus par le directeur provincial de l’ANR. Il nous a dit que M. Mbangu est déféré à l’ANR pour des motifs politiques et nous avons eu des discussions à ce sujet. Les motifs politiques n’ont rien à voir avec la sécurité qu’il assure dans la province du Haut-Katanga », a-t-il rapporté.
À l’issue de cette rencontre, les défenseurs des droits humains affirment que le directeur provincial de l’ANR leur a promis d’échanger avec le gouverneur du Haut-Katanga afin que le dossier soit transmis au parquet. Justicia ASBL et l’IRDH plaident également pour la libération de John Mbangu, estimant que l’exercice du droit de manifester ne constitue pas, en soi, une infraction.
« Notre plaidoyer est que Mbangu doit être libéré parce qu’arrêter un citoyen parce qu’il a organisé une manifestation publique, pour nous, n’est pas un fait constitutif d’infraction, sauf s’il y a eu des problèmes à la suite de cette manifestation-là », a soutenu Me Timothée Mbuya.
Pour ce défenseur des droits humains, la Constitution de la République démocratique du Congo encadre le droit de manifester et ne justifie pas que des citoyens soient inquiétés pour l’avoir exercé. Il a insisté par ailleurs sur la nécessité de voir John Mbangu être entendu à Lubumbashi, si des faits lui sont effectivement reprochés.
« Nous estimons que le juge naturel de Mbangu est ici à Lubumbashi et notre plaidoyer envers les autorités est qu’effectivement, s’il y a des choses à reprocher à Mbangu, ce serait son juge naturel à Lubumbashi », a-t-il déclaré.
Les deux organisations appellent ainsi les autorités à privilégier la voie judiciaire et à permettre à John Mbangu, s’il existe des faits qui lui sont reprochés, de comparaître devant les instances compétentes de Lubumbashi.
Patient Lukusa, à Lubumbashi