Ituri : des pygmées déplacés de guerre dénoncent leurs conditions humanitaires chaotiques à Mambasa

Image
Image

Fuyant les atrocités des rebelles de l'Allied democratic forces (ADF) dans les profondeurs de la chefferie de Babila-Babombi, plusieurs ménages de peuples autochtones pygmées vivent depuis des semaines dans des conditions humanitaires extrêmement précaires à Mambasa-Centre.

Selon Mapicha Toroba Jeanb, leur représentant à Mambasa, dans un entretien à la presse samedi 5 septembre en cours, ces familles ont abandonné leurs  huttes et activités forestières pour se réfugier en zone urbaine. Il ajoute que, faute d'un site officiel de déplacés, ils sont hébergés de manière dispersée dans des églises et des écoles transformées en abris.

"Nous dormons à même le sol, sans bâches, sans moustiquaires et sans une nourriture qualitative. Nos enfants tombent malades chaque jour. Personne ne vient nous voir. Nous dépendons des activités forestières. Nous voulons le rétablissement de la paix pour faciliter notre retour dans nos villages", a laissé entendre le représentant de ces peuples minoritaires.

Ces autochtones disent être exclus des distributions d'aide humanitaire qui ciblent souvent des déplacés dits "bantous". Ils lancent un cri d'alarme aux autorités territoriales, au gouvernement provincial et aux organisations humanitaires pour qu'elles viennent à leur aide.

"Nous sollicitons une assistance humanitaire d'urgence en vivres, abris et soins de santé, à être aussi figurés dans le registre officiel des déplacés de Mambasa, mais également nous déplorons des actes d'exploitation auxquels font face les enfants et femmes pygmées", a-t-il plaidé auprès des autorités compétentes.

Le territoire de Mambasa compte à ce jour plusieurs déplacés suite aux attaques ADF dans les villages Biamu et Amani la semaine dernière ayant coûté la vie à six civils, selon des sources locales en chefferie de Babila-Babombi. 

Ces attaques répétées sont à la base de la paralysie des activités champêtres et socioéconomiques dans des villages touchés.

Joël Losinu, à Komanda