La RDC, la Tanzanie et le HCR conviennent d'élaborer des plans de travail pour le retour volontaire et sécurisé des réfugiés

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La huitième réunion de la Commission tripartite RDC-Tanzanie-Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a été clôturée à Lubumbashi dans le Haut-Katanga par Jacquemain Shabani, vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur et sécurité avec l’adoption de plusieurs mesures destinées à préparer le retour volontaire et progressif des réfugiés congolais vivant en Tanzanie, ce jeudi 27 août 2026.

Dans son mot de clôture des travaux, le vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo, a salué les relations entre la RDC et la Tanzanie, qu’il a qualifiées de relations entre deux pays frères. Il a également exprimé la reconnaissance du gouvernement congolais envers la Tanzanie pour l’accueil accordé depuis plusieurs décennies aux Congolais ayant trouvé refuge sur son territoire.

« Le retour des réfugiés reste non seulement un droit le plus légitime pour les concernés, mais aussi une obligation pour nos gouvernements. La paix et la sécurité constituent des éléments majeurs de conditionnalité dans le processus de rapatriement des réfugiés », a déclaré Jacquemain Shabani Lukoo au micro tendu par 7SUR7.CD.

Il a également plaidé pour la recherche de solutions permettant à certaines familles de retrouver leurs proches dans des régions sécurisées, même lorsque celles-ci ne correspondent pas à leurs zones d’origine.

Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), par la voix de son représentant adjoint en RDC, Patrick Marc Kirya, a insisté sur la nécessité de placer les réfugiés au centre du processus.

« Notre responsabilité consiste donc à garantir aux réfugiés l’accès à des informations exactes et actualisées afin qu’ils puissent prendre leurs décisions librement et en pleine connaissance de la situation. Rentrer chez soi signifie bien plus que franchir une frontière. Cela signifie rentrer dans la sécurité et la dignité, retrouver sa famille, scolariser ses enfants et avoir la possibilité de reconstruire sa vie », a-t-il souhaité.

Dans leur communiqué final conjoint, les trois parties ont réaffirmé que tout retour devra être strictement volontaire, sans pression directe ou indirecte et fondé sur une décision éclairée des réfugiés. Ces derniers devront notamment avoir accès à des informations fiables et actualisées sur la situation dans leurs régions d’origine ou dans les autres zones susceptibles de les accueillir.

Le communiqué conjoint précise également que les retours vers plusieurs zones du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri ne sont actuellement pas encouragés, compte tenu des préoccupations sécuritaires persistantes. Certaines zones identifiées par le gouvernement congolais comme sûres, accessibles et propices à un retour durable pourront faire l’objet d’un processus progressif, sous réserve d’évaluations actualisées et de la mise en place de garanties de protection.

La Commission tripartite a décidé de mettre en place un plan de retour progressif qui débutera avec un nombre limité de réfugiés ayant clairement exprimé leur volonté de rentrer en RDC. Cette première phase devrait notamment concerner le groupe actuellement accompagné par le consulat de la RDC à Kigoma, en Tanzanie.

Pour concrétiser les décisions prises, la RDC, la Tanzanie et le HCR ont convenu d’élaborer des plans de travail pour 2026 et 2027. Ce dispositif portera notamment sur le partage d’informations, l’actualisation des évaluations des zones potentielles de retour, la recherche familiale, l’accueil, le transport organisé, le suivi de protection et la réintégration.

La 9e réunion de la Commission tripartite RDC-Tanzanie-HCR se tiendra en République unie de Tanzanie. La partie tanzanienne était représentée par le ministre adjoint de l'Intérieur, Ali Mohamed Mahmoud. Le gouverneur du Tanganyika, Christian Kitungwa et celui du Haut-Katanga, Martin Kazembe ont également pris part à ces assises de trois jours.

Patient Lukusa, à Lubumbashi